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Réseaux sociaux : la désinformation sur les vaccins

Un sondage du Leem* réalisé par la société La Netscouade sur l'analyse des conversations sur les vaccins entre juin 2017 et juin 2018. L’étude a consisté à explorer les lieux de formation de l’opinion en ligne (médias en ligne, blogs, forums internet, réseaux sociaux, etc.). Ce projet de recherche sur le web social poursuivait un triple objectif : mesurer l'ampleur de la désinformation menée par les antivaccins, comprendre la structuration des communautés s'exprimant sur la vaccination, décortiquer les singularités de ces conversations en ligne.

 

Cinq grands enseignements se dégagent :

 

1/ 2017-2018 constitue une année charnière fortement marquée par les discussions autour de la vaccination : 1 million de retombées.

Après un pic médiatique en août 2017, une forte activité en octobre et novembre 2017 ainsi qu'un rebond en janvier 2018, on observe aujourd’hui un retour à la normale des retombées et discussions autour de la vaccination.

Si le rythme a été dicté par la médiatisation en ligne, Twitter a réagi comme une onde de choc et Facebook comme une caisse de résonance : 

 plus de 66 000 actualités en ligne (les articles de presse et blogs représentent 15 % du total des publications sur la vaccination) ; 

près de 725 000 tweets autour de la vaccination (73 %) ; 

plus de 100 000 publications Facebook (12 %).

 

2/ Les réseaux sociaux ont effectivement été un vecteur de désinformation sur la vaccination...

Les réseaux sociaux sont le vecteur privilégié de la diffusion de fausses informations sensationnalistes. Celles-ci rencontrent une adhésion forte en jouant sur le levier de la peur, et génèrent des réactions épidermiques auprès d'une partie du public.

Toutefois :

 sur Twitter, peu de leaders antivaccins semblent s'imposer. L'engagement demeure ponctuel et non structuré.

sur Facebook, Henri Joyeux s'est imposé comme le leader du mouvement via un discours trouble et une stratégie de lanceur d'alertes (recours aux pétitions). La certification de sa page Facebook renvoie une partie de la responsabilité de son audience à la plateforme Facebook, qui n'a pas lutté activement contre la désinformation.

 

3/ Mais l'information scientifique et les innovations en matière de santé restent, malgré tous les contenus les plus attractifs sur les réseaux sociaux.

Les grandes avancées de la science et l’innovation liée aux vaccins sont parmi les contenus qui se diffusent le mieux sur les réseaux sociaux auprès d'une autre partie du public.

Les contenus les plus diffusés concernent :

 • les maladies infectieuses (Sida, Lyme, Ebola, Paludisme) ;

•  les maladies chroniques (“vaccin contre le cancer”) ;

•  l'innovation concernant les dispositifs technologiques (vaccins sans piqûre).

 

 

Une contre-attaque institutionnelle et médicale a été menée dans la période étudiée :

•  la forte présence dans les discussions des ministères et des instituts de recherche, en particulier lors de la Semaine Européenne de la Vaccination en a fait des prescripteurs d’information sur le sujet en 2018 ;

•  sur Youtube, la lutte contre la désinformation a été exemplaire. Les contenus faux ont été majoritairement supprimés, afin de favoriser le fact-checking, à l'instar de la campagne menée par le Ministère des Solidarités et de la Santé avec des YouTubeurs scientifiques ("e-penser" et "Dans Ton Corps") ;

•  sur Twitter, les communautés de professionnels de santé et de médecins se sont mobilisées contre les argumentaires antivaccins. Le grand public a largement fustigé les positions antivaccins par le biais de l'humour et la dérision.

 

 

4/ Six arguments critiques des « anti-vaccins » sur les réseaux sociaux :

 

• question de la liberté personnelle : la vaccination est régulièrement revendiquée comme un choix

• l’utilisation de l'aluminium comme adjuvant (et la présence de perturbateurs endocriniens)

• le vaccin contre l’hépatite B pour les bébés est questionné tant sur sa nécessité pour les nourrissons que sur ses effets secondaires;

•  le « lobby pharma » est régulièrement conspué ou interpellé avec mise en cause de son chiffre d’affaires, de ses « conflits d’intérêts », de son « manque de transparence »

•  à la marge, la question de l’immigration revient aussi dans un discours politique qui interroge le retour des maladies infectieuses par l’arrivée de populations migrantes (un discours porté par des partis politiques extrêmes).

 

 

5/ Les e-parents constituent une population en plein doute, ciblée par la désinformation des antivaccins :

les canaux de cette désinformation sont principalement Facebook, Instagram et les chaînes de mails.

Des réactions émotionnelles sont observées :

•  la question individuelle (“mon bébé”) qui prime parfois sur le principe collectif ;

•  l’inquiétude face au nombre de vaccins qu’il faut

 


 

Les questions que se posent les français sur les vaccins

 

A quoi sert vraiment la vaccination ?

 

La vaccination en France protège contre 29 maladies infectieuses. Elle permet également de protéger indirectement l’entourage et les personnes qui ne peuvent se vacciner car elles sont trop fragiles (immunodéprimées), c’est donc un acte individuel, mais aussi altruiste. La vaccination est un élément essentiel de l’équilibre de nos sociétés en limitant le risque d’épidémie, de pandémie et la désorganisation de notre société qui en découle (désorganisation sanitaire, économique, sociale…) 1,5 million d’enfants décèdent dans le monde faute d’avoir été vaccinés 8.

En France, il y a quelques années, des maladies telles que la diphtérie, la poliomyélite, la méningite à haemophilus B ou la coqueluche provoquaient décès, invalidités et séquelles. La rougeole continue de tuer.

 

Que m’injecte-t-on quand on me fait un vaccin ?

 

Les vaccins sont composés d’une ou plusieurs substances actives d’origine biologique appelées « antigènes vaccinaux » qui sont issus de bactéries ou de virus.

Schématiquement, les vaccins sont classés en deux groupes, selon le type d’antigènes : les vaccins vivants atténués contenant des bactéries ou virus entiers et vivants mais affaiblis ; les vaccins inactivés contenant des bactéries ou virus tués.

Ces derniers, en plus de l’antigène, sont composés d’adjuvants permettant de renforcer la réponse immunitaire, de réduire la quantité d’antigène par dose et le nombre de doses nécessaires pour assurer une bonne protection. D’autres éléments également peuvent être présents à l’état de traces, soit comme substances intervenant dans le processus de fabrication (formaldéhyde...) , soit comme éléments nécessaires à la bonne conservation du vaccin (antibiotiques…)

 

 

Les vaccins sont-ils sûrs ?

 

Toutes les étapes de recherche et développement en amont de la commercialisation ont pour priorité d’analyser le moindre signal d’intolérance ou d’effet secondaire, avec de grandes études cliniques sur des milliers de personnes. L’ensemble de ces données, publiées et consultables par tout un chacun, sont analysées par les Autorités sanitaires avec la même exigence de sécurité pour le patient.

La recherche ne s’arrête pas à la fin de la phase de développement clinique, mais se poursuit bien au-delà de la commercialisation avec des études menées en vie réelle, par les industriels et les autorités de santé, et des plans de gestion du risque. Grâce à ce suivi très précis, il est possible de repérer rapidement d’éventuels effets indésirables liés aux vaccins et de prendre les mesures nécessaires.

Lors de la production, entre 100 et 500 contrôles qualité sont réalisés pour fabriquer un lot. Sur un site de production, une personne sur quatre en moyenne travaille dans le contrôle ou l’assurance qualité.

 

 

Existe-t-il beaucoup d’effets secondaires graves dus aux vaccins ?
Peut-on identifier les personnes susceptibles d’avoir une réaction négative face au vaccin ?

 

Comme tout médicament, les vaccins peuvent provoquer des effets indésirables. Dans la très grande majorité des cas, les effets indésirables sont mineurs et passagers (fièvre, douleur, rougeur au point d’injection).

Les éventuels effets indésirables des vaccins sont très surveillés, tant lors des essais cliniques que dans les études en vie réelle. Les effets indésirables graves sont très rares et font l’objet d’un suivi et de recherches approfondis lorsqu’ils surviennent.

Des registres sont tenus par la quasi-totalité des pays pour colliger l’ensemble des évènements survenant après l’administration des vaccins. Ces registres (exemple, le VAERS, USA) publient les chiffres bruts sans chercher à interpréter les circonstances. Ainsi, certaines associations luttant contre la vaccination exploitent ces données en invoquant à tort un nombre important de décès ou de complications qui, après enquête, se révèlent sans lien avec le vaccin.

Il est important de garder à l’esprit que le risque de développer une maladie en ne se vaccinant pas est beaucoup plus important que celui de voir apparaître un effet indésirable lié à la vaccination, comme le montre malheureusement l’épidémie de rougeole en cours en France ou la résurgence de la coqueluche dans certaines populations ou pays.

Par ailleurs, certains vaccins sont contre-indiqués pour certaines populations (vaccins vivants contre indiqués chez les patients immunodéprimés, par exemple). http://www.dailymotion.com/video/x6db6ml

 

 

Les vaccins sont-ils réellement efficaces ?

 

Un candidat vaccin, pour être accepté par les Autorités de santé, doit avoir démontré au cours des essais cliniques une efficacité et une tolérance suffisantes.

En vie réelle, les vaccins pédiatriques ou la vaccination grippale ont démontré leur efficacité pour éliminer des maladies ou contenir des épidémies. Pour d’autres vaccins, l’impact en vraie vie se mesure progressivement au fil du temps : c’est le cas notamment des vaccinations prévenant des cancers (HPV, hépatite B) pour lesquelles une baisse de la prévalence des cancers est attendue 20 à 30 ans après l’introduction de campagnes de vaccination.

 

 

Pourquoi les vaccins sont concentrés sur les premiers mois de la vie ?
Tous ces vaccins ne fragilisent-ils pas le système immunitaire naturel ?

 

Vacciner précocement les enfants permet de les protéger contre certaines maladies contagieuses, comme la coqueluche, la rougeole ou les infections à Haemophilus influenzae de type b, qu’ils peuvent rencontrer très tôt dans leur vie et qui peuvent avoir de très graves conséquences sur leur santé future. Le système immunitaire, dès la naissance, est confronté à des milliards de micro-organismes, il est donc armé pour répondre à quelques vaccins. Tout ne se limite pas aux premiers mois de la vie. Des vaccins ou des rappels ont lieu également à l’adolescence et à l’âge adulte. Le calendrier vaccinal9 est régulièrement revu.

 

 

Faut-il encore se faire vacciner après l’enfance ?

 

L’immunité conférée par les vaccins ne dure pas forcément toute la vie, notamment parce que le système immunitaire devient moins performant avec le temps. Il est donc nécessaire d’effectuer des rappels régulièrement tout au long de la vie pour maintenir un niveau de protection élevé.

Le calendrier vaccinal prévoit aussi de nouvelles vaccinations à l’adolescence et à l’âge adulte (séniors notamment). Malheureusement, les couvertures vaccinales sont très basses pour ces vaccinations et les français sont ainsi insuffisamment protégés contre plusieurs infections.

 

 

Ne pourrait-on pas éviter les piqûres ?

 

La plupart des vaccins sont administrés par voie intramusculaire car c’est un des sites les plus riches en cellules de l’immunité. Il existe quelques formes orales, comme les vaccins contre le rotavirus, ou encore le spray nasal pour immuniser contre la grippe. Des recherches sont en cours pour délivrer le vaccin au niveau de la peau grâce à des technologies de patch. Facile à poser, le patch aurait cet atout de délivrer le vaccin au niveau du derme, riche en cellules présentatrices d’antigènes.

 

 

Quelles sont les principales différences entre les « anciens » vaccins, et les « nouveaux » ?

 

La majorité des vaccins produits aujourd’hui s’appuient sur les procédés d’inactivation ou d’atténuation des micro-organismes. Cependant, les avancées biotechnologiques récentes et les nouvelles connaissances en immunologie ont ouvert de nouvelles pistes de stratégies vaccinales : vaccin à ADN, vecteurs recombinants.

Afin de réduire les injections, les recherches sont également constantes pour réunir plusieurs antigènes au sein d’un même vaccin. A chaque fois, la tolérance, la sécurité et l’efficacité sont réévaluées avec des essais précliniques et cliniques. Et une autorisation de mise sur le marché est demandée, avec une évaluation complète par les Autorités de santé.

Une fois le vaccin commercialisé, un plan de gestion des risques est mis en place, permettant le suivi précis d’éventuels effets indésirables rares, non détectés durant les essais cliniques ainsi que la mesure de l’efficacité du vaccin en vie réelle.

 

 

Les adjuvants sont-ils indispensables ?

 

Pour la majorité des vaccins inactivés (ne comportant pas de microbe vivant), la présence d’adjuvants – en particulier à base de sels d’aluminium - est indispensable à une réponse immunitaire suffisante pour entrainer une protection. L’ajout d’adjuvant peut également permettre d’augmenter la durée de protection du vaccin, de réduire la quantité d’antigènes par dose vaccinale et de réduire le nombre d’injections. En l’absence d’adjuvant, le vaccin n’offrirait pas une efficacité suffisante, et nécessiterait de nombreux rappels ainsi qu’une dose d’antigène bien plus importante.

 

 

Peut-on remplacer l’aluminium par d’autres composants ?

 

L’aluminium se trouve naturellement dans de nombreux aliments, comme le cacao, le thé, les épinards, les crustacés, l’eau de boisson, l’air que nous respirons…. La quantité d’aluminium ingérée dans notre vie quotidienne est incomparablement plus importante que celle reçue par la vaccination tout au long de la vie. Les sels d’aluminium figurent parmi les adjuvants les plus utilisés dans le monde avec un recul de plus de 90 ans et des centaines de millions de doses injectées.

Le choix de l’aluminium est guidé notamment par sa capacité à déclencher un certain type de réponse immunitaire. D’autres adjuvants ont été développés et sont utilisés, mais avec les données compilées d’utilisation, l’aluminium reste l’adjuvant pour lequel le rapport efficacité/tolérance est le meilleur. La recherche portant sur de nouveaux adjuvants a pour finalité la découverte de nouveaux vaccins, pour lesquels les sels d’aluminium ne permettent pas d’offrir une réponse immune optimale.

 

 

Quelles sont les pistes de recherches des entreprises dans le vaccin ?

 

Les efforts de recherche s’orientent aujourd’hui vers de nouvelles cibles (Clostridium Difficile, Virus

Respiratoire Syncitial, Staphylocoque Doré, Ebola, Zika…), de nouvelles combinaisons, le développement de nouveaux adjuvants adaptés aux nouveaux vaccins (pour diminuer la dose d’antigène, prolonger la durée de la protection immunitaire, protéger des populations spécifiques, élargir la réponse immunitaire) et denouvelles voies d’administration.

 

 

Existe-t-il encore aujourd’hui des pénuries de vaccins ?

 

Après deux années tendues, la situation s’est stabilisée en 2018.

L’objectif des entreprises est évidemment d’assurer un approvisionnement continu et adapté au besoin du système de santé. Les tensions d’approvisionnement peuvent avoir des origines diverses : problème deproduction, hausse importante de la demande mondiale, exportations parallèles, etc. Un vaccin est un produit au cycle de vie très long (36 mois pour produire un principe actif et 10 mois de transformation en produit injectable), et l’anticipation de la demande est complexe.

Afin de limiter les impacts de ces tensions, des plans de gestion de pénuries sont mis en place par les industriels et mis à disposition des autorités de santé depuis 2017. Toutes les entreprises ont des programmes visant à limiter les risques de rupture.

Depuis quelques semaines, les informations de disponibilité des vaccins en France sont acessibles sur le site de l’ANSM, mis à jour régulièrement.

En général, si un vaccin est indisponible momentanément en officine, il reste accessible dans certains centres de vaccination.

 

 

Quelles conséquences si les Français se vaccinent moins ?

 

Lorsque la couverture vaccinale diminue ou est insuffisante, les populations sont insuffisamment protégées contre les maladies infectieuses. On assiste alors au retour de flambées épidémiques de maladies qui étaient jusque là sous contrôle.

- Epidémie de rougeole : 1 500 cas en France en 2018 contre 300 seulement entre 2013 et 2015 (la rougeole est une maladie pour laquelle une couverture vaccinale d’au moins 95 % pour les 2 doses est nécessaire)

- 100 % des cas de coqueluche identifiés en France le sont chez des personnes non ou insuffisamment vaccinées

- 1 700 cas de cancers supplémentaires pourraient être évités chaque année si le taux de couverture vaccinale HPV était au niveau de nos voisins européens (20 % contre 70 %).

 

 

Cela me sert-il vraiment de me faire vacciner si tous les autres le sont déjà ?

 

Quand on se vaccine, on se protège à titre individuel contre des maladies non transmissibles, comme le tétanos mais on protège aussi indirectement les personnes qui n’ont pas la chance de pouvoir se protéger par la vaccination (maladies chroniques, cancer, immunodépression….). La vaccination est un acte altruiste qui participe à l’équilibre de nos sociétés. S’y soustraire, c’est prendre un risque individuel mais aussi exposer inutilement des personnes vulnérables.

La vaccination permet aussi de protéger son entourage, d’où l’importance de bien respecter les recommandations vaccinales : chez les enfants, en particulier chez les nourrissons, la coqueluche est très majoritairement transmise par un membre de la famille (parents, frères et soeurs, grands-parents)

 

Où puis-je trouver une information solide sur les vaccins et la vaccination ?

http://vaccination-info-service.fr

http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/vaccination/index.asp

https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiersinformation/vaccins-et-vaccinations

http://solidarites-sante.gouv.fr/prevention-en-sante/preserver-sasante/vaccination/

https://www.vaccinestoday.eu

https://www.mesvaccins.net/

https://www.infovac.fr

https://www.leem.org

 

 

* Leem : les entreprises du médicament
Source Leem - Conférence de presse du 4 juillet 2018

 

Tabac & C½ur, un duo dangereux méconnu sous-estimé par les fumeurs

31 mai : Journée Mondiale sans Tabac



En France, selon une étude publiée en 2013, on estime que 200 morts par jour sont dues au tabac et qu’un décès sur quatre est d’origine cardiovasculaire. Bien que ce lien avec le tabac soit moins connu du grand public que celui du cancer, les maladies cardiovasculaires (MCV) font partie des pathologies mortelles en rapport important avec le tabac. A l’occasion de la Journée Mondiale sans Tabac, Pfizer, laboratoire engagé dans le sevrage tabagique, lance un signal d’alerte sur deux points majeurs : renforcer la sensibilisation auprès du grand public sur les risques cardiovasculaires engendrés par le tabac et rappeler l’importance des professionnels de santé dans le parcours du sevrage tabagique.
 

 

Le calendrier des vaccins 2018

 
 

11 vaccinations sont maintenant obligatoires. En plus des 3 vaccinations contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite, huit nouvelles vaccinations, passent de recommandées, à obligatoires : il s’agit des vaccinations contre la coqueluche, les infections invasives à Haemophilus infuenzae de type b, l’hépatite B, les infections à pneumocoque, les infections invasives à méningocoque de sérogroupe C, la rougeole, les oreillons et la rubéole.

 

Sauf contre-indication médicale reconnue, ces 11 vaccinations sont à pratiquer dans les 18 premiers mois de l'enfant. Elles sont exigibles pour l’entrée ou le maintien en collectivité à partir du 1er juin 2018 pour tout enfant né à partir du 1er janvier 2018.

Le code de la santé publique prévoit que l’enfant est admis provisoirement si une ou plusieurs vaccinations font défaut. Les vaccinations obligatoires doivent alors être, selon le calendrier des vaccinations, réalisées dans un délai de trois mois et ensuite poursuivies.

 

Introduction de nouveaux vaccins

• Vaxelis®. Vaccin hexavalent contre diphtérie, tétanos, coqueluche, poliomyélite, Haemophilus in uenzae de type b, hépatite B ; ses indications sont identiques à celles des autres vaccins hexavalents. En l’absence de données d’interchangeabilité pour l’ensemble des vaccins hexavalents, tout schéma vaccinal débuté avec un hexavalent doit être poursuivi avec le même hexavalent.

• In uvac Tetra®, Vaxigrip Tetra®, Fluarix Tetra®. Trois vaccins grippaux tétravalents Vaccin tétravalents contre la grippe saisonnière sont désormais disponibles.

 

Arrêt de commercialisation

• Rouvax® . Le vaccin rougeoleux monovalent n’est plus commercialisé actuellement et ne sera plus disponible à partir d’avril 2018. Sa délivrance est réservée aux indications recommandées (nourrissons âgés de 6 à 11 mois devant être vaccinés dans un contexte de post-exposition ou de voyage en zone d'endémie).

 

 

Informations sur les principaux vaccins

 

La coqueluche

Recommandations générales

La primovaccination (deux injections suivies d’un rappel) est obligatoire chez l’enfant depuis le 1er janvier 2018. La vaccination des nourrissons comporte une primo-vaccination à deux injections à deux mois d’intervalle, à l’âge de 2 mois (8 semaines) et 4 mois, suivies d’un rappel à l’âge de 11 mois. Un rappel de ce vaccin est recommandé à l’âge de 6 ans avec une dose de vaccin diphtérie-tétanos-coqueluche-poliomyélite (DTCaPolio).

Le rappel entre 11 et 13 ans est pratiqué avec le troisième rappel diphtérie, tétanos et poliomyélite,

Un rappel avec le vaccin quadrivalent dTcaPolio est recommandé, à l’occasion du rappel diphtérie-tétanos-poliomyélite xé à l’âge de 25 ans.

La vaccination contre la coqueluche est également recommandée dans le cadre de la stratégie dite du cocooning : chez les adultes ayant un projet parental ; dans l’entourage d’une femme enceinte pour : les enfants de la fratrie et le conjoint et les personnes susceptibles d’être en contact étroit et durable avec le futur nourrisson au cours de ses 6 premiers mois. Ceci peut concerner les grands-parents, les baby-sitters... ;

En milieu professionnel

La vaccination contre la coqueluche est recommandée pour les professionnels soignants dans leur ensemble, les étudiants des filières médicales et paramédicales, les professionnels de la petite enfance dont les assistants maternels, les personnes effectuant régulièrement du baby-sitting.

 

Diphtérie, tétanos, poliomyélite

Recommandations générales

La primovaccination (deux injections suivies d’un rappel) est obligatoire chez tous les enfants. La vaccination des nourrissons comporte deux injections à l’âge de 2 mois (8 semaines) et 4 mois, suivies d’un rappel à l’âge de 11 mois.

Les rappels ultérieurs sont recommandés à l’âge de 6 ans, avec un vaccin combiné contenant la valence coqueluche acellulaire (Ca) et les valences tétanique et diphtérique à concentration normale, (DTCaPolio), puis, entre 11 et 13 ans, avec un vaccin combiné contenant des doses réduites d’anatoxine diphtérique et d’antigènes coquelucheux (dTcaPolio).

L'ensemble des rappels à l'âge de 6 ans et de 11-13 ans contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, et la coqueluche sont indispensables pour conférer une protection à long terme.

Par la suite, les rappels de l’adulte sont recommandés aux âges xes de 25 ans, 45 ans et 65 ans, puis à 75 ans, 85 ans, etc (intervalle de dix ans à partir de 65 ans, compte tenu d’une moins bonne réponse vaccinale).

 

En milieu professionnel

Ces vaccinations sont obligatoires pour certains professionnels notamment les professionnels de santé.

 

La fièvre jaune

Recommandations particulières

La vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire pour les résidents du département de la Guyane âgés de plus de 12 mois ou toute personne y séjournant.

En milieu professionnel

En Guyane, une seconde dose est recommandée 10 ans après la primovaccination pour les personnels de laboratoire susceptibles d’être exposés au virus de la fièvre jaune.

 

La grippe saisonnière

La vaccination s’effectue chaque année lors de la campagne de vaccination dont les dates sont fixées par le ministère chargé de la santé.

Recommandations générales

La vaccination contre la grippe est recommandée chaque année pour les personnes âgées de 65 ans et plus.

 

 

Recommandations particulières

La vaccination est recommandée chez les femmes enceintes, quel que soit le trimestre de la grossesse ; chez les personnes, y compris les enfants à partir de l’âge de 6 mois, atteintes des pathologies suivantes :

-  affections broncho-pulmonaires chroniques répondant aux critères de l’ALD 14 (asthme et BPCO) ;

-  insuf sances respiratoires chroniques obstructives ou restrictives quelle que soit la cause, y compris les maladies neuromusculaires à risque de décompensation respiratoire, les malformations des voies aériennes supérieures ou inférieures, les malformations pulmonaires ou les malformations de la cage thoracique ;

-  maladies respiratoires chroniques ne remplissant pas les critères de l’ALD mais susceptibles d’être aggravées ou décompensées par une affection grippale, dont asthme, bronchite chronique, bronchiectasies, hyper-réactivité bronchique ;

-  dysplasies broncho-pulmonaires13 ;

-  mucoviscidose ;
- cardiopathies congénitales cyanogènes ou avec une HTAP et/ou une insuf sance cardiaque ;

-  insuf sances cardiaques graves ;

-  valvulopathies graves ;

-  troubles du rythme graves justi ant un traitement au long cours ;

-  maladies des coronaires ;

-  antécédents d’accident vasculaire cérébral ;

-  formes graves des affections neurologiques et musculaires (dont myopathie, poliomyélite, myasthénie, maladie de Charcot) ;

-  paraplégies et tétraplégies avec atteinte diaphragmatique ;

-  néphropathies chroniques graves ;

-  syndromes néphrotiques ;

-  drépanocytoses, homozygotes et doubles hétérozygotes S/C, thalasso-drépanocytose ;

-  diabètes de type 1 et de type 2 ;

-  dé cits immunitaires primitifs ou acquis (pathologies oncologiques et hématologiques, transplantations d’organe et de cellules souches hématopoïétiques, dé cits immunitaires héréditaires, maladies in ammatoires et/ou auto-immunes recevant un traitement immunosuppresseur), excepté les personnes qui reçoivent un traitement régulier par immunoglobulines ; personnes infectées par le VIH quels que soient leur âge et leur statut immunovirologique ; (cf. tableaux 4.5.2)

-  maladie hépatique chronique avec ou sans cirrhose ;

 

En milieu professionnel

Les professionnels de santé et tout professionnel en contact régulier et prolongé avec des personnes à risque de grippe sévère doivent se faire vacciner. Même recommandation pour le personnel navigant des bateaux de croisière et des avions et personnel de l’industrie des voyages accompagnant les groupes de voyageurs (guides).

 

Les infections invasives à Haemophilus influenzae de type b

Recommandations générales

Cette vaccination est obligatoire chez l’enfant depuis le 1er janvier 2018.

La vaccination du nourrisson comporte une primovaccination à deux injections à 2 mois d’intervalle à l’âge de 2 mois (8 semaines) et 4 mois, suivies d’un rappel à l’âge de 11 mois.

Cette vaccination est effectuée pour tous les enfants, en combinaison avec les vaccins diphtérique, tétanique, poliomyélitique, coquelucheux acellulaire et hépatite B.

 

L’hépatite A

Recommandations particulières

La vaccination contre l’hépatite A est recommandée pour :

-  les jeunes accueillis dans les établissements et services pour l’enfance et la jeunesse handicapées ;

-  les patients atteints de mucoviscidose et/ou de pathologie hépatobiliaire susceptible d’évoluer vers une hépatopathie chronique (notamment dues au virus de l’hépatite B, de l’hépatite C ou à une consommation excessive d’alcool) ;

-  les enfants, à partir de l’âge d’un an, nés de familles dont l’un des membres (au moins) est originaire d’un pays de haute endémicité et qui sont susceptibles d’y séjourner ;

-  les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH).

 

L’hépatite B

En France repose, on recherche les personnes à risque élevé d’exposition et, dans la perspective de contrôle à plus long terme de l’hépatite B, on pratique la vaccination des nourrissons et le rattrapage des enfants et adolescents jusqu’à l’âge de 15 ans révolus.

Recommandations générales

Cette vaccination est obligatoire chez l’enfant depuis le 1er janvier 2018.

Un rattrapage vaccinal est recommandé chez les enfants et les adolescents jusqu’à l’âge de 15 ans révolus.

 

Leptospirose

La vaccination peut être proposée pour les personnes susceptibles d'être en contact avec un environnement contaminé du fait de la pratique régulière et durable d’une activité de loisir exposant spéciquement au risque (avis du CSHPF du 18 mars 2005).

- baignade, plongée ou pêche en eau douce ;

- canoë-kayak, rafting, triathlon et autres sports de nature, notamment ceux qui font intervenir des contacts fréquents avec un environnement humide.

 

En milieu professionnel

La vaccination est recommandée dans des situations particulières. Elle est proposée par le médecin du travail, au cas par cas, après évaluation individualisée du risque aux personnes exerçant une activité professionnelle exposant spéci quement au risque de contact fréquent avec des lieux infestés par les rongeurs, telle qu’elle peut se présenter dans les cadres suivants :

- curage et/ou entretien de canaux, étangs, lacs, rivières, voies navigables, berges ;
- activités liées à la pisciculture en eaux douces ;
- travail dans les égouts, dans certains postes exposés des stations d’épuration ;
- certaines activités spéci ques en eaux douces pratiquées par les pêcheurs professionnels, plongeurs professionnels, gardes-pêches ; - certaines activités spéci ques aux COM-ROM (ex DOM-TOM).

Dans tous les cas, la vaccination sera proposée, après s’être assuré de la mise en œuvre des mesures de

 

Infections invasives à méningocoque (IIM)

Recommandations générales

La vaccination contre les IIM de sérogroupe C est obligatoire chez l’enfant à partir du 1er janvier 2018.

Du fait d’une couverture vaccinale contre le méningocoque de sérogroupe C insuffisante chez les enfants, adolescents et adultes jeunes, en attendant la mise en place d’une immunité de groupe, cette vaccination est effectuée, de manière transitoire chez le nourrisson à 5 mois avec 1 dose de vaccin méningococcique C (vaccin Neisvac®25 ) suivie d’une dose de rappel à l’âge de 12 mois (dans la mesure du possible avec le même vaccin). Un intervalle minimal de 6 mois sera respecté entre l’administration des 2 doses.

La dose de 12 mois peut être co-administrée avec le vaccin rougeole oreillons rubéole.

 

À partir de l’âge de 12 mois et jusqu’à l’âge de 24 ans révolus, pour ceux n’ayant pas reçu de primovaccination -  nourrissons âgés de 2 à 5 mois : trois doses de 0,5 mL chacune, avec une première dose administrée à l’âge de 2 mois, en respectant.

 

Infections à papillomavirus humains (HPV)

Recommandations générales

La vaccination est recommandée pour toutes les jeunes filles âgées de 11 à 14 ans. La vaccination est d’autant plus efficace que les jeunes filles n’ont pas encore été exposées au risque d’infection par le HPV. L’une des doses de la vaccination contre les infections à papillomavirus humains peut être coadministrée notamment avec le rappel diphtérie-tétanos-coqueluche-poliomyélite prévu entre 11 et 13 ans ou avec un vaccin contre l’hépatite B, ainsi qu’avec le vaccin contre le méningocoque de sérogroupe C dans le cadre du rattrapage vaccinal

 

Par ailleurs, dans le cadre du rattrapage vaccinal, la vaccination est recommandée pour les jeunes filles et jeunes femmes entre 15 et 19 ans révolus.
Le HCSP a recommandé que les jeunes filles et jeunes femmes non antérieurement vaccinées reçoivent le Gardasil 9®. Cette recommandation sera applicable dès lors que ce vaccin sera disponible.

En l’attente, cette vaccination peut être effectuée indifféremment avec l’un ou l’autre des deux vaccins existants (Cervarix® ou Gardasil®).

Les vaccins ne sont pas interchangeables et toute vaccination initiée avec l’un d’eux doit être menée à son terme avec le même vaccin.

 

Remarque

La vaccination contre les infections à papillomavirus ne se substitue pas au dépistage des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus par le frottis cervico-utérin, y compris chez les femmes vaccinées, mais vient renforcer les mesures de prévention.

À partir de 25 ans, toutes les jeunes femmes vaccinées ou non vaccinées doivent continuer à bénécier du dépistage selon les recommandations en vigueur.

 

Infections à pneumocoque (IP)

Recommandations générales

La vaccination contre le pneumocoque est obligatoire chez l’enfant à partir du 1er janvier 2018.

La vaccination par le vaccin pneumococcique conjugué 13-valent32 (VPC13) est effectuée selon un schéma vaccinal de primovaccination à deux injections à deux mois d’intervalle à l’âge de 2 mois (8 semaines) et 4 mois suivies d’un rappel à l’âge de 11 mois.

Recommandations particulières

- Pour les prématurés et les nourrissons à risque élevé de contracter une infection à pneumocoque (cf. ci-dessous la liste des personnes à risque), le maintien d’un schéma vaccinal renforcé comprenant une primovaccination à trois injections (2 mois, 3 mois, 4 mois) du vaccin pneumococcique conjugué 13-valent32, suivies d’un rappel est recommandé.

- À partir de l’âge de 2 ans, la vaccination est recommandée pour les patients à risque.

 

Rage

Recommandations particulières

La vaccination contre la rage est recommandée pour les chiroptérologues et les personnes régulièrement exposées aux virus de la rage des chauves-souris en France métropolitaine.

En milieu professionnel

La vaccination contre la rage est recommandée pour les personnels des services vétérinaires, personnels des laboratoires manipulant du matériel contaminé ou susceptible de l’être, équarrisseurs, personnels des fourrières, naturalistes, taxidermistes, gardes-chasse, gardes forestiers, personnels des abattoirs.

 

Rougeole, oreillons, rubéole

Populations concernées

- Nourrissons : 2 doses de vaccin trivalent34 contre la rougeole, les oreillons et la rubéole. La première dose est administrée à 12 mois quel que soit le mode de garde. La seconde vaccination ne constitue pas un rappel, l’immunité acquise après une première vaccination étant de longue durée. Elle constitue un rattrapage pour les enfants n’ayant pas séroconverti, pour un ou plusieurs des antigènes, lors de la première vaccination.

- Les personnes nées depuis 1980 devraient avoir reçu au total deux doses de vaccin trivalent, en respectant un délai minimal d’un mois entre les deux doses, quels que soient les antécédents vis-à-vis des trois maladies. Les personnes qui ont développé l’une des trois maladies contre lesquelles protège le vaccin, ne sont habituellement pas protégées contre les deux autres et administrer un vaccin vivant atténué à une personne déjà immunisée ne présente aucun inconvénient du fait de l’inactivation du virus vaccinal par les anticorps préexistants.

 

La vaccination contre la rougeole, la rubéole et les oreillons est contre-indiquée pendant la grossesse, cependant, une vaccination réalisée par inadvertance chez une femme enceinte ne doit pas être un motif d’interruption de grossesse. La grossesse doit être évitée dans le mois suivant la vaccination. Il convient de conseiller aux femmes ayant l’intention de débuter une grossesse de différer leur projet.

 

Recommandations autour d’un cas de rougeole

Dans le cadre du plan d’élimination de la rougeole et de la rubéole, une vaccination préventive pour les personnes potentiellement réceptive  exposées à un cas de rougeole est recommandée. Ces mesures concernent les contacts autour d’un cas clinique ou concermé biologiquement pour les contacts proches, et les contacts d’un cas concermé biologiquement dans les autres collectivités :

- nourrissons âgés de 6 à 11 mois : une dose de vaccin trivalent (hors AMM entre 6 et 8 mois révolus) dans les 72 heures suivant le contact présumé (dans ce cas, l’enfant recevra par la suite deux doses de vaccin trivalent suivant les recommandations du calendrier vaccinal : 1ère dose à l’âge de 12 mois, 2e dose entre 16 et 18 mois) ;

- personnes âgées de plus d’un an et nées depuis 1980 : mise à jour conformément au calendrier vaccinal pour atteindre deux doses de vaccin trivalent ;

- professionnels de santé ou personnels chargés de la petite enfance, sans antécédent de rougeole et/ou n’ayant pas reçu deux doses de vaccin trivalent, quelle que soit leur date de naissance : une dose de vaccin trivalent.

 

L’administration d’une dose de vaccin, telle que préconisée ci-dessus, réalisée dans les 72 heures qui suivent le contact avec un cas peut éviter la survenue de la maladie. Elle reste préconisée même si ce délai est dépassé.

En outre, un délai d’au moins neuf mois est à respecter chez une personne ayant reçu des immunoglobulines en prophylaxie post- exposition de la rougeole avant de la vacciner contre la rougeole, les oreillons et la rubéole. Ce délai peut être porté à 12 mois pour les nourrissons ayant reçu des doses élevées d’immunoglobulines (2g/kg) telles qu’utilisées pour traiter la maladie de Kawasaki.

 

Recommandations en situation de cas groupés de rougeole

En situation de cas groupés, des mesures vaccinales particulières et supplémentaires sont proposées. Elles reposent sur la notion qu’en situation épidémique, la plupart des cas sont con rmés épidémiologiquement et que la valeur prédictive positive du diagnostic clinique est plus élevée qu’en situation endémique. La vaccination est ainsi recommandée aux contacts proches et en collectivité sans attendre les résultats de laboratoire.

 

Tuberculose

La vaccination par le BCG est fortement recommandée pour les enfants exposés à un risque élevé de tuberculose dans leur entourage ou dans leur environnement.
Depuis la publication du décret de suspension de l’obligation de vaccination par le BCG des enfants et des adolescents et de la circulaire d’application, la vaccination par le BCG ne peut plus être exigée à l’entrée en collectivité.

 

Recommandations particulières

Pour les enfants exposés à un risque élevé de tuberculose, la vaccination par le BCG est recommandée à partir de l’âge de 1 mois, idéalement au cours du 2ème mois. Toutefois pour les enfants originaires de Guyane, de Mayotte ou ayant un membre de l’entourage atteint d’une tuberculose récente (moins de 5 ans), la vaccination est recommandée avant la sortie de la maternité. Le vaccin peut être coadministré avec les vaccins prévus à l’âge de 2 mois. Chez les enfants à risque non vaccinés, la vaccination peut être réalisée jusqu’à l’âge de 15 ans.

 

Il n’est plus indiqué de pratiquer une intradermoréaction (IDR) à la tuberculine préalablement à la vaccination pour les enfants de moins de 6 ans, à l’exception de ceux ayant résidé ou effectué un séjour de plus d’un mois dans un pays de forte incidence de la tuberculose. La vaccination ne s’applique qu’aux personnes ayant une intradermoréaction à la tuberculine négative. Seule la forme intradermique du BCG est disponible en France.

Les contre-indications médicales temporaires à la vaccination BCG sont constituées par les dermatoses étendues en évolution et les contre- indications définitives par les déficits immunitaires congénitaux ou acquis, notamment dûs au VIH.

 

En milieu professionnel

Une vaccination par le BCG, même ancienne, reste exigée à l’embauche pour les étudiants et les professionnels mentionnés aux articles R. 3112-1 (alinéa C.) et R. 3112-2 du Code de la santé publique (en l’absence d’IDR positive).

 

 

 

Un rappel sur les définitions des âges pour les vaccinés

Nouveau-né : de 0 à 28 jours

Nourrisson : de 29 jours à 23 mois

Enfant : de 2 ans à 18 ans

Adulte : au-delà de 18 ans

 

 

 

Les contre-indications médicales à la vaccination

Les contre-indications médicales dénitives à la vaccination sont extrêmement rares chez les nourrissons. Elles diffèrent selon le vaccin et sont toujours mentionnées sur la notice.
Les principales sont :

  • - une allergie grave connue à l’un des composants du vaccin ;
  • - une réaction allergique grave lors d’une précédente injection du vaccin ;
  • - une immunodépression congénitale ou acquise, pour les vaccins vivants atténués comme le ROR.

La présence d’une infection avec de la fièvre au moment de la vaccination est une contre-indication provisoire. Dans ce cas, l'administration du vaccin doit être différée.

 

 

 

 

 

 

Cancer colorectal : 45 000 nouveaux cas et 18 000 décès par an

Un test efficace existe : il est important que les femmes et les hommes âgés de 50 à 74 ans participent au dépistage

 

Avec près de 45 000 nouveaux cas et 18 000 décès par an, le cancer colorectal reste le 2e cancer le plus meurtrier. Malgré un test qui a fait la preuve de sa fiabilité et de ses performances dans la détection des cancers à un stade précoce et des lésions précancéreuses, la population cible du dépistage organisé (les femmes et les hommes de 50 à 74 ans ne présentant pas de symptôme) reste encore trop peu nombreuse à participer. En effet, les derniers chiffres publiés par Santé publique France annoncent un taux de participation de 33,5 % versus les 45 % jugés acceptables au niveau européen. Pourtant, détecté tôt, ce cancer peut être guéri dans 9 cas sur 10.

À l’occasion de sa campagne de communication, qui débute le 18 février, l’Institut national du cancer appelle chacun, grand public et professionnels de santé, à se mobiliser autour de cet enjeu de santé publique et de ce dépistage qui peut sauver des vies.

 

La fiabilité du test de dépistage est confirmée

Intégré en avril 2015 dans le programme national de dépistage organisé, le test immunologique de dépistage a démontré ses bonnes performances en termes de détection de cancers et de lésions précancéreuses. Ainsi, selon l’évaluation épidémiologique conduite par Santé publique France, le nouveau test permet de détecter 2,4 fois plus de cancers et 3,7 plus d’adénomes avancés (lésions précancéreuses) que l’ancien test au Gaïac. Sur une période de 8,5 mois en 2015 (14 avril au 31 décembre), le programme a permis de détecter près de 4 300 cancers et près de 17 000 adénomes avancés (lésions précancéreuses).

 

Alors que les autorités de santé, dans le programme national de dépistage, mettent à la disposition de la population cible un test qui a fait la preuve de sa fiabilité et de ses performances, cette situation n’est pas satisfaisante. D’autant que ce test, remis par le médecin traitant à l’occasion d’une consultation, est facile d’utilisation et s’effectue à son domicile.

 

Dans ce contexte, l’Institut national du cancer se mobilise afin que le grand public prenne conscience de la dangerosité de ce cancer et de l’opportunité de réaliser le dépistage afin de favoriser la précocité des diagnostics et d’augmenter les chances de guérison. Il rappelle également qu’une consultation chez le médecin traitant est l’occasion d’aborder le sujet. Enfin, l’Institut a fait du dépistage du cancer colorectal une action prioritaire pour l’année 2018.

 

Le test de dépistage en pratique

Ce test est simple à utiliser. Il consiste en un prélèvement unique de selles grâce à un bâtonnet qui est ensuite à replacer dans un tube hermétique garantissant sa conservation. Le test ainsi que la fiche d’informations transmise avec le kit et à compléter par la personne réalisant le test, sont à adresser via l’enveloppe T fournie au laboratoire d’analyses médicales dont les coordonnées figurent sur l’enveloppe. Visionnez le mode d’emploi vidéo du test de dépistage.

 

 

Source INCa

 

1er janvier 2018 : les vaccins obligatoires pour bébé en 5 questions

Quels sont les vaccins devenus obligatoires ?

Avant le 1er janvier 2018, 3 vaccins étaient obligatoires pour les enfants de moins de 2 ans (diphtérie, tétanos et poliomyélite) et 8 autres étaient seulement recommandés :
 

l’haemophilus influenzae B ;
la coqueluche ;
l’hépatite B ;
la rougeole ;
les oreillons ;
la rubéole ;
le méningocoque C ;
le pneumocoque.
 

Ces 8 vaccins sont devenus obligatoires depuis le 1er janvier 2018, en plus des 3 autres vaccins.

 

 

Pourquoi étendre la vaccination obligatoire ?

En France, l’insuffisance de la couverture vaccinale a provoqué la résurgence de certaines maladies contagieuses particulièrement dangereuses pour les enfants et les personnes les plus fragiles. Pour enrayer certaines maladies infectieuses et pour répondre à la baisse du taux de vaccination, la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a souhaité rendre obligatoire la vaccination contre 11 maladies pour la petite enfance. "L’obligation se justifie parce que ce n’est pas seulement un acte individuel, mais un acte de solidarité, une façon de protéger la société" a rappelé la ministre.
 


Un exemple de maladie infectieuse : la rougeole
La vaccination contre la rougeole était seulement recommandée avant le 1er janvier 2018, elle est maintenant obligatoire. Plus de 24 000 cas de rougeoles ont été déclarés en France entre 2008 et 2016. L’obligation de se vacciner permettra d’enrayer la propagation de cette maladie infectieuse.
 



Comment l’obligation se mettra en place ?

Ces 11 vaccinations obligatoires au total représentent 10 injections pour les enfants, soit 6 rendez-vous, étalées entre 2 et 18 mois. La situation ne change pas pour plus de 70% des enfants qui sont déjà dans les faits vaccinés contre ces 11 maladies. Les professionnels de santé connaissent donc déjà ces vaccins et pourront informer et répondre à toutes les questions des parents.

Pour les enfants nés à compter du 1er janvier 2018, les nouvelles obligations vaccinales seront exigées pour entrer ou rester en collectivité (crèche, école, assistant maternel, colonie de vacances, etc.) à partir du 1er juin 2018. Les vérifications par les personnes ou structures responsables d’accueillir l’enfant commenceront ainsi le 1er juin 2018. Si l’enfant n’est pas à jour de ses vaccinations, seule une admission provisoire est possible. Les parents auront alors 3 mois pour procéder aux vaccinations.

 

Quel coût pour les parents ?

"Tous les vaccins obligatoires seront pris en charge à 100% : 65% de leur prix est remboursé par l’Assurance maladie, 35% par les assurances complémentaires qui offrent un « contrat responsable »" a déclaré la ministre. De plus, les centres de vaccination publics et les centres de protection maternelle et infantile proposent des prises en charge entièrement gratuite.

 

Les prochaines étapes ?

Pour la mise en œuvre de cette mesure de santé publique, un décret et un calendrier des vaccinations seront prochainement publiés.

Tous les ans, un rendez-vous sera instauré pour faire le point sur la vaccination en France. L’occasion d’analyser la progression de la couverture vaccinale, d’établir la situation épidémiologique du pays, ou encore la nécessité de faire évoluer la liste des vaccins obligatoires.

 

Source Ministère des solidarités et de la santé - Photos Phovoir/Atelier Frantz Lecarpentier

 

Donner son sang, les réserves sont basses

Don du sang : c'est facile !


En cette fin d'année 2017, l'Établissement français du sang (EFS) rappelle que les réserves de sang sont fragiles. Face à ce constat, l'EFS lance un appel aux dons du sang ! Mais, pour donner, comment faire ? Retour sur tout ce qu'il faut savoir.

 

Qui peut donner son sang ?
 

Pour donner son sang, il faut :

    avoir entre 18 et 70 ans (les plus de 60 ans étant soumis à l'approbation d'un médecin de collecte de l'EFS) ;
    peser au minimum 50 kg et être en bonne santé.
 

Toutefois, afin d'assurer la sécurité des donneurs et des receveurs, il existe des cas pour lesquels il n'est pas possible de donner son sang.

 

Comment se passe le don du sang ?

Principe : entre 420 à 480 ml de sang sont prélevés, en fonction du poids du donneur ;
Durée : l'acte lui-même dure 8 à 10 minutes. Si l'on ajoute le temps de l'entretien pré-don, puis le temps de repos et de collation qui suit le prélèvement, le don de sang prend environ 45 minutes ;
Délais : il faut respecter un délai d'au moins 8 semaines entre 2 dons de sang ;
Fréquence : un femme peut donner son sang maximum 4 fois par an, un homme 6 fois par an.

À savoir :

En France, 4 valeurs fondent le don de sang :

    l'anonymat : seul l'EFS connaît l'identité du donneur et du receveur, ainsi que les données le concernant ;
    le volontariat : le don du sang est un acte libre, accompli sans aucune contrainte ;
    le non-profit : le sang et les produits sanguins ne peuvent être source de profit ;
    le bénévolat : le don de sang est bénévole et ne peut être rémunéré sous quelque forme que ce soit.
 

 

Où et quand donner son sang ?
 

Le don du sang peut être réalisé à tout moment dans un lieu fixe de collecte. Pour cela, l'EFS propose un module de recherche en ligne des centres les plus proches (centres fixes ou centres mobiles de don du sang, de plasma ou de plaquette). Les lieux de collecte sont consultables sur le site de l'EFS.

 

D'autres questions ?

Traitements médicamenteux, soins dentaires, grossesse, tatouage, vie privée... : que faut-il savoir exactement avant de donner son sang ?

Le site de l'EFS détaille tout ce qui concerne le don du sang dans une foire aux questions.

 

Photos Phovoir

 

Novembre, mois sans tabac

A l’occasion du Mois sans tabac 2017, Pfizer poursuit son engagement en faveur de l’aide aux fumeurs sur la voie de l’arrêt du tabac en rappelant tout l’intérêt de se faire accompagner par un professionnel de santé pour faire du sevrage tabagique un succès. Cette actualité se décline autour des résultats d’une nouvelle étude Ifop/Pfizer menée cette fois-ci auprès d’ex-fumeurs, dans la lignée de celle dédiée au « comportement des fumeurs face à l’arrêt du tabac » à l’occasion de la journée mondiale sans tabac en mai dernier.
Habitudes comportementales lors du sevrage, élément déterminant de succès, expérience solitaire ou collective de l’arrêt... Les résultats de l’étude Ifop/Pfizer reflètent une réalité du vécu d’ex-fumeurs, avec notamment le peu de recours à l’aide médicale alors que les fumeurs ont jusqu’à 4 fois plus de chances d’arrêter de fumer avec des traitements médicaux et avec l’aide de professionnels de la santé. L’enquête témoigne aussi de la difficulté du sevrage, mettant en lumière un rapport à la fois social et individuel à la cigarette avec 65% des ex-fumeurs qui déclarent avoir vécu difficilement le fait de ne pas pouvoir fumer dans les moments de convivialité ; 48% le fait de ressentir le manque de la cigarette. 

 

ARRÊT DU TABAC :JUSQU’À 4 FOIS PLUS DE CHANCES DE SUCCÈS EN SE FAISANT ACCOMPAGNER PAR UN PROFESSIONNEL DE SANTÉ

Bien que les experts, les autorités de santé et les recommandations de la HAS préconisent l’accompagnement par les professionnels de santé dans la démarche de sevrage tabagique, les ex-fumeurs interrogés dans le cadre de l’enquête Ifop/Pfizer témoignent d’un faible recours à l’aide médicale, celle-ci permettant pourtant d’augmenter leurs chances de succès.

Parmi ceux qui déclarent avoir eu besoin d’adapter leur quotidien lors de la période de sevrage tabagique, une part infime déclare avoir consulté plus fréquemment un professionnel de santé (5%). Et quand ils sont invités à se prononcer sur l’élément qui s’est avéré déterminant dans le succès du sevrage tabagique, seulement 5% évoquent l’accompagnement par un professionnel de santé et 5% également la prise d’un traitement médicamenteux.

Et pourtant...

Ce focus sur la relation entretenue avec le professionnel de santé permet de rappeler ici un autre chiffre-clé : les fumeurs ont jusqu’à 4 fois plus de chances d’arrêter de fumer avec des traitements médicaux et avec l’aide de professionnels de la santé 

 

 

Analyse,

RÉSULTATS DE LA NOUVELLE ÉTUDE IFOP/PFIZER MENÉE AUPRÈS DE 1001 ANCIENS FUMEURS : PRINCIPAUX ENSEIGNEMENTS
DE LA CIGARETTE AU BIEN-ÊTRE : LE SEVRAGE TABAGIQUE, EXPÉRIENCE INTIME ET COLLECTIVE

1. CHANGER SES COMPORTEMENTS POUR VIVRE PLUS SAINEMENT :
43% DES ANCIENS FUMEURS ONT EU BESOIN D’ADAPTER LEUR QUOTIDIEN SUITE À LEUR SEVRAGE TABAGIQUE.
Parmi eux :
• 39% ont instauré des réflexes personnels (chewing-gums,
boules anti-stress...)
• 33% ont modifié leur alimentation et 32% ont repris ou
renforcé leur activité sportive
• En dehors de la volonté, s’ils ont vraiment réussi à arrêter de
fumer, c’est parce qu’ils ont pris conscience de l’effet du tabac sur leur santé (73% des éléments déterminants).

 

2. LA CIGARETTE, LES AUTRES ET MOI : UNE APPROCHE RELATIONNELLE ET INDIVIDUELLE.
POUR UNE MAJORITÉ D’ANCIENS FUMEURS (65%), C’EST AVANT TOUT LA PRIVATION LORS DE MOMENTS CONVIVIAUX QUI CONSTITUE LA PRINCIPALE DIFFICULTÉ RENCONTRÉE (AVEC LE CAFÉ, PENDANT LES PAUSES, DURANT LES SOIRÉES...).


Parmi ceux qui ont modifié leurs habitudes, 27% se sont même abstenus de certaines sorties pour éviter le contact avec des fumeurs ; d’autres anciens fumeurs évoquent aussi la difficulté de refuser une cigarette qui leur était proposée (23%).
A l’inverse et dans un sens positif, 23% de ceux qui évoquent un facteur-clé de succès, pensent que cette fois-ci, ils ont vraiment réussi à arrêter de fumer car ils ont bénéficié du soutien de leur entourage.

Fabienne Gomant, directrice adjointe du Département Opinion de l’Ifop, s’exprime sur ces tentations collectives et motivations personnelles : « C’est bien parce qu’on peut faire face à de multiples tentations collectives, qu’il est bon de se forger de solides motivations personnelles pour pouvoir y résister. La force de l’extérieur ne doit pas être sous-estimée, et dans les deux sens ! En négatif comme en positif, car la force du soutien de l’entourage figure parmi les clés de succès du sevrage tabagique ».
  

 

       
  
PR DANIEL THOMAS, CARDIOLOGUE
« TROUVER SES ÉLÉMENTS DE MOTIVATION PERSONNELLE »
« Ce qui va vous motiver à arrêter de fumer n’est pas forcément la peur de la maladie (...) mais les éléments de motivation les plus personnels possibles. (...) Vous allez les trouver éventuellement avec l’aide d’un tabacologue ou de votre médecin traitant. Pour le sportif, ce sera par exemple d’être plus performant, plus compétitif. Pour un père ou une mère de famille, ce sera pour son entourage, ses enfants. Ce qu’il faut que vous forgiez vous-même, c’est votre élément de motivation personnelle qui va vous porter, non seulement à arrêter, mais surtout qui va vous aider à ne pas reprendre votre tabagisme ».
 
 


SANTÉ, ADDICTION, BUDGET : TOUT L’INTÉRÊT D’ARRÊTER !
LES ANCIENS FUMEURS PORTENT AVANT TOUT UN REGARD FACTUEL SUR LEUR PRATIQUE DU TABAC AVEC :

• en tête, la conscience d’un risque pour la santé (82%),
• la nature addictive du tabagisme (71%)
• ou encore sa dimension financière (70%).
Les aspects émotionnels, quant à eux, font davantage ressortir l’idée d’un mauvais souvenir (28%) que d’éventuels bénéfices tels qu’un plaisir quotidien (22%) ou bien une forme de liberté (14%).
« On retrouve ici tous les déterminants d’une addiction », commente Fabienne Gomant. « On connaît pertinemment ses effets négatifs, mais pourtant il est difficile de s’en passer ».
Parallèlement, la question de la volonté personnelle ne doit pas être négligée. 50% des anciens fumeurs considèrent que la réussite n’est vraiment qu’une seule question de volonté personnelle. Mais même si elle apparaît nécessaire, elle peut être insuffisante.

Source Pfizer Enquête Ifop

 

Ostéoporose, un plan national

Pour que la première fracture soit aussi la dernière, les 7 propositions de l’AFLAR (Association Française de Lutte Anti Rhumatismale). 

A l'occasion de la journée mondiale le 20 octobre pour mieux faire connaître cette maladie qui touche en grande majorité des femmes, l'AFLAR met à la disposition du public et des professionnels de santé un Livre Blanc.

 

 

 
 
 

Un plan national contre l'ostéoporose... 

 

 

Partie I : Les enjeux de l’ostéoporose aujourd’hui en France pour le patient et pour le médecin

Partie II : Les enjeux médico-économiques de l’ostéoporose en France

Partie III : Les Etats Généraux : une année consacrée à l’ostéoporose

Entre déficit d’information et méconnaissance du risque
Entre aveu d’impuissance et appel à l’aide pour améliorer leurs pratiques
Une perception erronée du rapport bénéfice-risque des traitements

Partie IV : Bilan des Etats Généraux de l’Ostéoporose

Partie V : Et après... ? 

__________________________________________

 
 
PARTIE I – LES ENJEUX DE L’OSTEOPOROSE AUJOURD’HUI
EN FRANCE POUR LE PATIENT ET POUR LE MEDECIN 

 

En Europe, l’ostéoporose concerne plus de 22 millions de femmes de plus de 50 ans (22% de la population) et 5,5 millions d’hommes (7% de la population). La fracture ostéoporotique, dite par fragilité osseuse, touche 1 femme sur 3 après 50 ans (ainsi, parmi 100 femmes ménopausées, 40% auront au moins une fracture par fragilité osseuse avant la fin de leur vie1) et 1 homme sur 5. En France en 2010, le nombre de fractures incidentes chez les femmes et les hommes était de 393 000, dont 90 000 fractures du col du fémur, 56 000 fractures vertébrales, 56 000 fractures du poignet et 191 000 autres fractures (bassin, côtes, humérus, tibia-péroné, clavicule, omoplate, sternum et autres fractures du fémur) : 68% de ces fractures survenaient chez la femme2. 

 

L’ostéoporose est une maladie à part entière. Elle ne fait pas partie, comme on l’entend dire trop souvent, des contraintes naturelle s associées au vieillissement physiologique de l’organisme. En cela, elle n’est ni normale ni acceptable. Elle ne saurait non plus être banale, et cela pour une raison simple: l’ostéoporose tue, et bien plus sûrement qu’une allergie à laquelle les répondants de l’enquête menée par l’Aflar cette année n’hésitent pourtant pas à la comparer quand il s’agit de donner une mesure à sa gravité. Elle ne tue pas de façon anecdotique mais mène à une issue fatale après une fracture du3col du fémur dans pas moins de 20% des cas . Il est à noter par ailleurs que 50% environ des sujets victimes d’une fracture de hanche ne retrouvent pas leur autonomie antérieure, ce qui les conduit fréquemment à quitter leur domicile pour vivre en institution, et qu’ainsi, parmi les survivants, 30% des patients sont atteints de dépendance permanente, 40% incapables de marcher sans aide et 80% de réaliser sans aide au moins une activité de la vie courante4. 

 

Face à cet état des lieux, force est de constater qu’en France, et dans d’autres pays industrialisés, il existe comme un hiatus entre la connaissance que l’on a de la gravité de cette maladie qui appelle, sans équivoque, une réponse forte et engagée de la part des autorités de santé, et la sous- dimension de la prise en charge qui lui est appliquée. Insuffisamment standardisée et codifiée, pas assez ciblée et/ou trop restrictive, mal coordonnée ; trop nombreuses sont ses insuffisances constatées par les professionnels de santé et supportés par les patients. Des insuffisances qui appellent, de toute urgence, un travail de remédiation, à des fins d’amélioration de la santé publique et de réduction des coûts pour notre système de santé. 

 

En menant la première grande enquête nationale inédite sur l’ostéoporose auprès de patients (ayant connu ou non un épisode de fracture) et de médecins généralistes, l’Aflar s’est donnée pour objectif d’identifier les attentes et les besoins des uns et des autres quant à la prise en charge d’une pathologie qui, bien qu’elles les concernent au premier chef, leur est parfois difficile à appréhender. Venant renforcer et apporter un éclairage complémentaire à l’état des lieux dressé et au travail de réflexion réalisé lors des Etats Généraux de l’Ostéoporose, cette démarche d’agrégation qualitative de données inédites sur la maladie, vise à proposer des solutions concrètes, adaptées aux besoins exprimés et constatés, pour une meilleure efficience de sa prise en charge. 

 

393 000 fractures incidentes en France en 2010, chez les femmes et les hommes 

 

Les résultats de l’enquête4 : des patientes égarées, des professionnels de santé quelque peu désorientés.

D’octobre 2016 à juin 2017, 417 patients directement concernés par l’ostéoporose (94% de femmes, 6% d’hommes) ont répondu aux questions qui leur étaient posées sur le site de l’Aflar par la première enquête nationale leur étant destinée. La surreprésentation des femmes dans l’échantillon ne doit pas surprendre ; elle s’explique par la forte prévalence de la maladie dans cette catégorie de population, 4 millions  de femmes
étant touchées par l’ostéoporose en France. Parmi ces répondantes, 70% étaient âgées de 50 à 69 ans au moment de l’enquête, 20% avaient moins de 50 ans et 1/3 exerçaient encore une activité professionnelle. « Preuve, s’il en fallait, que l’ostéoporose n’est pas la « maladie de vieux » que l’on se plait parfois à imaginer pour ne pas s’en soucier », commente Françoise ALLIOT-LAUNOIS, Responsable du Pôle Ile-de-France et Vice-Présidente de l’Aflar 

 

1 / Entre déficit d’information et méconnaissance du risque : l’enjeu de la banalisation de l’ostéoporose chez les patients 

Pour Françoise ALLIOT-LAUNOIS, ce qui frappe de prime abord à la lecture des résultats de l’enquête, c’est
justement le nombre inquiétant d’approximations, d’idées fausses, voire de croyances, que l’on retrouve  exprimées par des personnes qui sont pourtant directement concernées par l’ostéoporose : « On pourrait
imaginer que le déficit d’information constaté chez les patients qui ont répondu concerne des points très précis, très médicaux ou très techniques, mais il n’en est rien. Dès la première approche de la maladie, le malentendu est profond : si 56% des répondants associent l’ostéoporose à une maladie grave, 27% estiment que ce n’est pas le cas, quand seuls 17% la reconnaissent pour une maladie qui peut être très grave ». Des chiffres qui doivent d’autant plus interpeler que ces mêmes répondants déclarent à 50% être concernés personnellement par une perte de taille excédant 3 cm. Ce paradoxe en dit long : « La maladie est complètement banalisée. 

 

Les centimètres perdus sont le fait de fractures vertébrales silencieuses 

 

Trois centimètres perdu c’est tout sauf anodin, mais dans l’esprit des patients, cela n’est pas associé à un problème sérieux. Or quand on sait - et il est à noter que 70% des répondants nous ont indiqué le savoir - que ces centimètres perdus sont le fait de fractures vertébrales silencieuses, on peut prendre la mesure du problème » 

 

L’un des premiers obstacles à une prise en charge adaptée de l’ostéoporose est donc la mésestimation de sa gravité et cela dans des proportions inattendues, même pour Françoise ALLIOT-LAUNOIS : « Lire que respectivement 44% et 47% des répondants, tous personnellement concernés par l’ostéoporose, estiment que cette maladie est aussi grave qu’un problème d’allergie et d’asthme, laisse imaginer l’état probable des connaissances de la population générale sur le sujet. On peut d’autant plus s’étonner qu’en vis-à-vis de ces réponses, les patients ne nient pas en avoir peur, 65% déclarant craindre de faire une chute, qu’ils aient déjà été victime d’une fracture ou non. Autre chiffres, autre paradoxe : les répondants sont aussi nombreux à reconnaître à cette maladie, qui ne leur semble pas pourtant si grave que cela, une capacité de nuisance certaine : ainsi sont- ils 54% à déclarer que l’ostéoporose a un impact négatif sur leur moral, 44% sur l’image qu’ils ont d’eux-mêmes et 25% sur leur vie professionnelle. » 

Le chiffre qui doit peut-être retenir l’attention in fine est peut-être celui-ci : 69% des patientes non fracturées confessent une incertitude quant à l’évolution de la maladie (52% chez les femmes déjà fracturées). Une incertitude qui fait écho à leur méconnaissance de la pathologie et à la relation complexe et paradoxale qu’elles entretiennent avec cette dernière. 

 

La lecture de ces chiffres met au jour une divergence dans les attitudes, perceptions et attentes des patientes, selon qu’elles ont déjà subi une fracture ou non. Elle permet aussi de saisir toutes la complexité de la relation qu’elles entretiennent avec une maladie dont elles méconnaissent les caractéristiques et sont tentées de nier la gravité, la comparant même à des affections relativement bénignes, mais qu’elles craignent et dont elles reconnaissent d’ailleurs l’impact délétère sur leur qualité de vie. 

 

Déficit d’information : les patients ont des connaissances fausses sur l’ostéoporose 

 

 

 

Professeur Thierry THOMAS, Président du Collège français des enseignants de rhumatologie (COFER)

« L’ostéoporose est une maladie du tissu osseux et non une évolution physiologique naturelle accompagnant le vieillissement comme trop de gens le croient. Ce premier malentendu impacte l’approche de la maladie par les patients qui se sentent peu concernés et l’abordent avec fatalité, et par les médecins qui ne ressentent pas d’urgence à la dépister ou à la traiter.

Cette mésestimation des risques liés à l’ostéoporose s’explique en partie par le fait qu’elle ne s’exprime par aucun symptôme tant qu’elle ne s’est pas compliquée de la survenue d’une première fracture dite de fragilité, la survenue d’une fracture étant en général considérée comme un événement sans gravité, habituel de la vie. La fracture de fragilité survient à l’occasion d’une simple chute de sa hauteur ou, comme c’est notamment le cas pour les fractures vertébrales, sans chute.

Ce type de fracture devrait entraîner un suivi étroit des patients à travers un parcours de soins particulier et adapté, mais nous n’arrivons actuellement pas à le faire percevoir par la population, et dans un certain nombre de cas, par les professionnels de santé (médecins généralistes, médecins urgentistes et orthopédistes) qui interviennent au cours de leur prise en charge. » 

 

 

2 / Entre aveu d’impuissance et appel à l’aide pour améliorer leurs pratiques : l’enjeu d’une meilleure information des professionnels de santé

L’enquête nous apprend que 32% des répondants ont été diagnostiqués par leur médecin généraliste, devant le rhumatologue (27%). Au cours des 12 derniers mois, c’est aussi le médecin généraliste qu’ils ont le plus souvent consulté (68%), à nouveau devant le rhumatologue (53%). 

S’ils sont, on le voit, en première ligne du dépistage et du suivi de l’ostéoporose, ces professionnels
de santé semblent pourtant bien mal armés pour l’affronter, puisque pour près de 40% d’entre eux, la gravité de la pathologie est à rapprocher de celle d’une allergie (44% chez les patients).

Leurs premières difficultés sont présentes dès le moment du dépistage, délicat pour 1/3 d’entre eux (34%)5.

 

Le moment de la mise en place du traitement ne leur est guère plus confortable: 56% méconnaissant les médicaments anti- ostéoporotiques les plus utiles et 53,7% confessant, de toute façon, se heurter à un problème de motivation chez les patients quand la question du traitement médicamenteux est abordée. Au cœur de cette difficulté à traiter, le rapport complexe que les patients, mal informés, entretiennent à la tolérance des anti-ostéoporotiques.  

 

Enfin, pour 58,5% des médecins interrogés, la dépendance des patients provoquée par une première fracture est difficile à accompagner.

Tout à fait conscients d’avoir un rôle important à jouer dans la prise en charge de l’ostéoporose, les médecins généralistes interrogés reconnaissent que leur vision environnementale de la maladie est incomplète, mais loin de s’accommoder de cette situation, ils sont nombreux à vouloir l’améliorer : 64% d’entre eux réclament une meilleure information sur la maladie en général et 84%, sur les différents traitements en particulier. 

 

53,7% des patients manquent de motivation pour prendre leur traitement 

 

L'éclaiirage du Professeur Thierry THOMAS,
Président du Collège français des enseignants de rhumatologie (COFER)


« 40% des femmes de 50 ans feront une fracture liée à l’ostéoporose au cours de leur vie*, un quart des fractures dues à une fragilité osseuse surviennent chez des hommes**.
Le meilleur outil pour apprécier le statut osseux reste actuellement la densitométrie osseuse, très spécifique et reproductible, même si elle manque de sensibilité ce qui ne lui permet pas d’identifier tous les malades. Pourtant elle n’est remboursée que de manière très conditionnelle chez la femme à la ménopause, et chez l’homme essentiellement lorsqu’il a fait une première fracture de fragilité. Cette réalité a un impact certain sur la prescription de cet examen, les médecins généralistes étant en difficulté pour en faire valoir l’utilité à leurs patients et obtenir qu’ils la réalisent ; cela se traduit fréquemment par un renoncement à la prescription. Parce que l’objectif est de pouvoir traiter les personnes les plus à risque, si possible avant la première fracture, il serait important que cet examen puisse être réalisé au moins une fois à partir de 65 ans, âge où la densité minérale osseuse est très susceptible d’avoir diminuée. Il importe également que les médecins généralistes soient mieux informés sur l’environnement de la maladie et au sujet des bonnes pratiques ».

* INSERM « L’ostéoporose : épidémiologie, clinique et approches thérapeutiques » Aurélie Fontana Pierre D. Delmas
** INSERM « Ostéoporose » Pr Francis Berenbaum et le Dr Mickael Rousière. https://www.inserm.fr/thematiques/physiopathologie-metabolisme-nutrition/dossiers-d-information/osteoporose 

 

 

3 / Une perception erronée du rapport bénéfice-risque des traitements : l’enjeu de la baisse drastique de la prise en charge (15% des patients traités aujourd’hui contre 35% dans les années 2000)

Quand on leur demande si les traitements contre l’ostéoporose sont difficiles à vivre, 35% des patientes répondent par l’affirmative sans qu’elles en détaillent les raisons. Faut-il voir exprimée dans ce chiffre la défiance excessive observée depuis quelques années envers les effets secondaires de certains traitements? Doit-on y lire une forme de lassitude face à un traitement qui devra se poursuivre toute la vie ?

Pour Françoise ALLIOT-LAUNOIS, ces chiffres gagnent à être mis en perspective avec d’autres : « Seules 50% des répondantes prennent des médicaments contre l’ostéoporose alors qu’elles devraient être une grande majorité à en prendre. Quelles que soient les raisons qui les motivent, cela revient

à dire qu’une patiente sur 2 préfère se passer de traitement. Néanmoins, on note qu’à la question « vous arrive-t-il d’oublier de prendre votre traitement contre l’ostéoporose ? », les patientes concernées ont répondu « jamais » à 83%, exprimant ainsi une prise de conscience des risques à ne pas se soigner. On note par ailleurs que ces femmes qui prennent un traitement spécifique pour l’ostéoporose plébiscitent en complément de ce dernier la vitamine D (85%), les laitages consommés en grand nombre (61%) et la supplémentation sous forme de complément alimentaire en calcium (50%) et silicium (30%). Des traitements complémentaires qu’elles ajoutent à leurs traitements médicamenteux, mais qui font figure, on le sait, d’uniques traitements pour d’autres patientes. Ils sont pourtant insuffisants à les protéger de la fracture de fragilité. Cette attitude de rejet des traitements médicamenteux peut s’expliquer par une méconnaissance de leur utilité : 30% des patientes pensant en effet qu’il est tout bonnement impossible de prévenir l’ostéoporose... ». 

 

Professeur Thierry THOMAS,
Président du Collège français des enseignants de rhumatologie (COFER)


« Alors que la prise en charge de l’ostéoporose avait beaucoup progressé grâce à l’arrivée de nouveaux médicaments à visée anti-ostéoporotique au cours des années 90 et 2000, elle s’est dégradée à partir du milieu des années 2000, avec actuellement moins de 15% des patients français ayant eu une fracture de fragilité, et donc tout particulièrement à risque de nouvelle fracture, recevant un traitement à visée ostéoporotique.

On peut s’étonner de ce constat alors que ces traitements permettent de réduire très significativement ce risque de fracture mais aussi la mortalité survenant dans l’année qui suit une fracture de hanche ou du bassin dans 25% des cas. Il y a deux raisons principales à cela : d’abord, la difficulté pour les patients à appréhender le rapport bénéfice-risque des traitements dont le but premier est de réduire le risque d’un nouvel épisode de fracture et dont le bénéfice n’est en conséquence pas directement palpable. Ensuite, l’effet très néfaste d’événements indésirables rares associés à la prise des traitements anti- résorbeurs dans les années 2000. Il s’agit tout particulièrement du problème des ostéonécroses de la mâchoire, une complication sévère mais très rare, de l’ordre de 1 pour 10 000 à 1 pour 100 000 patient-années. Il est très important de mettre cela en perspective avec les bénéfices attendus du traitement anti-ostéoporotique qui est, rappelons-le, une réduction de près de 70% du risque de faire une nouvelle fracture vertébrale, et de près de 50% de celui de faire une nouvelle fracture de la hanche. Dans cette évaluation de la balance bénéfices/risques, le rôle du médecin est donc de bien identifier les patients chez qui cette balance sera très positive, en l’occurrence, ceux à haut risque de fracture. C’est là toute la démarche médicale raisonnée suivant les recommandations nationales et internationales. Une autre idée fausse est de penser que l’on peut remplacer la prescription de médicaments anti-ostéoporotiques par une simple supplémentation en calcium et vitamine D. Cette substitution est une réalité dans la pratique alors que ces deux éléments sont perçus à la fois comme n’étant pas dangereux et comme ayant un impact bénéfique sur le statut osseux. C’est vrai dans une démarche de prévention pour réduire la vitesse de perte osseuse. Toutes les études montrent que c’est très insuffisant chez des malades à risque élevé de fracture, comme de nombreuses études scientifiques l’ont montré ! » 

 

 

 

PARTIE II – LES ENJEUX MEDICO-ECONOMIQUES DE L’OSTEOPOROSE EN FRANCE 
 
 

En France, en 2010, le fardeau économique  des fractures de fragilité (incidentes et antérieures) a été estimé à 4,8 milliards €, dont 2,5 pour les seules fractures du col du fémur ; 66% des coûts concernaient les soins de la 1ère année suivant la fracture, 27% les soins à long terme (handicap), et 7% le traitement pharmacologique. Compte tenu des projections démographiques pour 20256, 1 personne sur trois aura 60 ans ou plus, représentant 20 millions de personnes, correspondant aux âges de la génération du baby-boom, le nombre de fractures incidentes passera de 376 000 (femmes et hommes en 2010) à 491 000 (2025), entraînant une augmentation des coûts de 26%7. 

 

Le Pr Robert LAUNOIS, économiste de la santé, Directeur du Réseau d’évaluation en économie de la Santé France, Président sortant de la Société Française d’économie de la santé revient sur cette problématique. L’ostéoporose est sans conteste une maladie qui est extrêmement couteuse pour la collectivité ; Les chiffrages varient suivant les études en fonction des lignes budgétaires qui sont retenues pour procéder à leurs estimations.

Selon l’études de la CNAMTS « Charges et Produits de 2016» qui s’en tient aux dépenses reconnues et remboursées par l'assurance maladies le coût de la prise en charge de l’ostéoporose s’élevait en France en 2013 à 1,1 milliard d’euros dont 770 millions étaient dues à des hospitalisations dans des services de médecine chirurgie obstétrique et 340 millions suite à l’accueil dans des soins de suite et de réadaptation ; Lorsque le périmètre des postes budgétaires à prendre en compte est élargi pour intégrer les placements en établissement d’hébergement pour les personnes âgées dépendantes (EHPAD) et la valorisation monétaire des pertes de qualité de vie qui sont associées aux fractures, le coût de l’ostéoporose en France s’élève alors selon Svedbom à 4,8 milliards d’euros. 

L’ostéoporose est une maladie sous diagnostiquée et sous traitée ; Avant leur hospitalisation pour fracture, seuls 3% des patients s’étaient vus prescrire une ostéodensitométrie osseuse et seulement 12% d’entre eux avaient bénéficié d’un traitement pour ostéoporose. Sous- diagnostiquée, l’ostéoporose est aussi sous-traitée : après une hospitalisation pour fracture, 51% des patients ne revoient aucun médecin dans le mois qui suit et seuls 15% des patients font l’objet d’un traitement pour l’ostéoporose avec pour conséquences, la ré-hospitalisation pour rechute de 29% d’entre eux. La cascade fracturaire entraîne non seulement des coûts non négligeables pour notre système de santé, mais elle est surtout dangereuse et douloureuse pour le patient. Face à cette réalité et après la publication de recommandations par la HAS en 2007, la CNAMTS a pris des mesures pour faciliter l’accès à l’ostéodensitométrie osseuse des populations à risque. En dépit de ces efforts le nombre d’ostéodensitométries prescrites chaque année continue de baisser. La raison en est simple, une prise en charge efficace de l’ostéoporose exige une intégration de la prévention et du soin au sein de filières fractures dédiés et de réseaux de soins coordonnés. Le jeu en vaut la chandelle ! La CNAMTS sait que c’est la clé d’une prise en charge au final beaucoup plus efficiente de l’ostéoporose, compte-tenu des coûts directs et indirects qu’elle entraîne. Il faut dès maintenant réfléchir à la mise en place d’un plan de santé publique pour la prévention de l’ostéoporose. 

 

 
 
PARTIE III - LES ETATS GENERAUX: UNE ANNEE CONSACREE A L’OSTEOPOROSE 
 
 

La prise en charge de l’ostéoporose en France a plus que jamais besoin d’être améliorée et c’est à cet effet qu’ont été mis sur pied les Etats Généraux de l’Ostéoporose. Pour dresser un état des lieux des besoins et bâtir des stratégies d’action viables et opérationnelles, 10 journées d’échange et de débats dans 10 villes de France se sont ainsi tenues de novembre 2016 à juin 2017. Réunissant 30 à 40 participants directement impliqués dans la prise en charge de l’ostéoporose parmi lesquels des médecins rhumatologues libéraux et hospitaliers, médecins généralistes, chirurgiens orthopédistes, médecins de rééducation, médecins de centre thermal, radiologues, nutritionnistes, gynécologues, médecins du travail, gériatres, psychologues, pharmaciens, masseurs-kinésithérapeutes, ergothérapeutes, pédicures-podologues, assistantes sociales mais aussi des représentants de l’ARS, de la CNAM, de l’ANSM, de la MDPH, des collectivités locales, des économistes, des journalistes et des patients experts, chaque journée a proposé de bâtir une réflexion autour de 5 thèmes de discussion prioritaires : l’optimisation du parcours de soin en ville et à l’hôpital, la vie quotidienne, le dépistage et le diagnostic de l’ostéoporose (sans fracture et lors de l’occurrence d’une fracture), la prise en charge des soins, la prévention et la réduction des inégalités sociales de santé. À l’issue des séances plénières, tables rondes et débats, une conférence venait proposer au grand public un retour d’expérience. 

 

 

 

PARTIE IV - BILAN DES ETATS GENERAUX DE L’OSTEOPOROSE 

 

Les propositions recueillies lors des 10 tables rondes régionales des Etats Généraux de l’Ostéoporose ont été compilées et validées lors d’une réunion du comité de pilotage des Etats Généraux qui s’est tenue à Paris le 6 juillet 2017. Une grande thématique s’est dégagée de l’ensemble des propositions : faire reconnaître les fractures de l'ostéoporose comme d'un véritable fléau de santé publique avec la nécessité d’une mobilisation générale (via un plan de santé national) pour faire en sorte qu’une 1ère fracturesoitladernière 

7 priorités-clés ont été identifiées, et le Docteur Laurent GRANGE médecin rhumatologue au CHU de Grenoble Alpes et Président de l’AFLAR revient sur le constat qui a présidé à leur mise au jour : « Les chiffres de la prise en charge de l’ostéoporose sont catastrophiques : entre 2010 et 2014, le nombre de patients traités est passé de 1 100 000 à 800 000 en 4 ans soit une diminution de 380 000 patients traités8. Si l’on ne réagit pas, seule une minorité de patients sera traité et l’on devra affronter dans les années à venir un tsunami de fractures qui vont entrainer un surcoût majeur pour l’assurance maladie. Ce déficit de prise en charge s’explique, on l’a vu, par un désinvestissement des patients, induit notamment, par un déni général de la réalité de cette maladie, associé à la diffusion d’informations erronées sur la dangerosité des traitements. Une méfiance qui a aussi gagné nombre de professionnels de santé qui se heurtent par ailleurs à la difficulté de fournir aux patients concernés une information complète sur la maladie, les traitements et leurs possibles effets secondaires. Si l’on ajoute à cela des recommandations complexes et une réglementation relative au remboursement de l’examen de la densité minérale osseuse qui l’est tout autant, on comprend pourquoi l’on constate chaque année une baisse de 6% de cet examen pourtant capital pour une bonne prise en charge. Aujourd’hui, 85% des patients ne sont pas pris en charge après une fracture, un chiffre qui révèle un profond dysfonctionnement de la chaine de soins qu’il nous faut donc repenser. Le travail réalisé dans le cadre des Etats Généraux de l’Ostéoporose a permis de dégager des axes et modalités d’action prioritaires : il nous faut favoriser le dépistage pour enrayer la baisse de prise en charge constatée ces dernières années. Il est aussi nécessaire de mobiliser, d’alerter, en lançant un plan national de lutte contre la fracture de l’ostéoporose afin de faire prendre conscience de sa gravité. Nous devons stimuler tous les acteurs de la prise en charge autour de recommandations clarifiées et par-dessus tout, il est impératif d’amplifier et sanctuariser les filières de soins. Nous avons mis au jour 7 propositions susceptibles de nous aider à relever ces défis ». 

 

 

PARTIE V : ET APRES... ? 

 

Pour que le travail réalisé et que les priorités mises au jour pour améliorer sa prise en charge en France ne demeurent pas lettres mortes, un livre blanc a été rédigé qui se trouvera bientôt sur le bureau de chaque parlementaire et sénateur, comme l’explique le Docteur Laurent Grange : « Ce travail de synthèse est un outil pratique qui doit nous servir de base de travail avec les autorités de santé, la CNAM, les assureurs et les décideurs politiques. Il permet de saisir rapidement les enjeux de la prise en charge de l’ostéoporose dans notre pays et de prendre connaissance des moyens pratiques de l’améliorer. Le contexte nous est favorable : la Ministre de la Santé a décidé de mettre l’accent sur l’axe  préventif et une grande partie de notre travail traite précisément de ce sujet. Nous allons aussi diffuser ce document auprès des sociétés savantes telles que la Société Française de Rhumatologie et la Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatique (SOFCOT), et lors des différents congrès et réunions des acteurs de la prise en charge que sont, par exemple et de manière non exhaustive, les ergothérapeutes, kinésithérapeutes et podologues.

Enfin, nous allons aussi faire rayonner les apports de ce travail au niveau international grâce à l’International Osteoporosis Foundation (IOF).» 

 

 

 

 

 

 

Téléchargez le Livre Blanc

 

1 INSERM « L’ostéoporose : épidémiologie, clinique et approches thérapeutiques » Aurélie Fontana Pierre D. Delmas
2 extrapolation validée à partir des résultats de Svedbom A et al. Osteoporosis in the European Union : a compendium of country-specific reports. Arch Osteoporos 2013;8:137 (p. 67/218). Disponible sur http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/ PMC3880492/) ou sur le site de l’AFALR http:// www.aflar.org/les- fractures-osteoporotiques

3 Cooper. Am J Med. 1997; 103(2A):12s-19s 

4 Enquête en ligne réalisée par l’AFLAR auprès de 417 personnes de octobre 2016 à juin 2017 

5 Enquête AFLAR réalisée auprès de 100 médecins généralistes de octobre 2016 à juin 2017 

6 Curran D et al. Epidémiologie des fractures liées à l’ostéoporose en France. Rev Rhum 2010;77:579- 85. Disponible sur https://www.researchgate.net/ publication/245786671_Epidemiologie_des_frac- tures_liees_a_l’osteoporose_en_France_revue_ de_la_litterature

7 Svedbom A et al. Osteoporosis in the European Union : a compendium of country-specific reports. Arch Osteoporos 2013;8:137 (p. 67/218). Disponible sur http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/ PMC3880492/) ou sur le site de l’AFALR http:// www.aflar.org/les- fractures-osteoporotiques 

8 Données Gers CM12 à fin août 2014 

 

Communication AFLAR / Frantz Lecarpentier

 

Le coût des traitements innovants du cancer mal perçu par les français

Enquête Viavoice septembre 2017 pour l'Institut Curie -

Coûts des nouveaux traitements : perspectives d’un système en danger

 


Depuis 2012, l’Observatoire Cancer Institut Curie – Viavoice vise à analyser l’opinion des Français sur le cancer et mettre ainsi en lumière les enjeux médicaux, sociaux, économiques et sociétaux en prise directe avec les grandes priorités définies par le 3e Plan Cancer.

 



Quel est le coût réel des traitements innovants du cancer en France ? Y-a-t-il un risque d’inégalité dans l’accès à l’innovation ? Qui finance la recherche et l’innovation ? Et que connaissent vraiment les Français à ce sujet ?
C’est ce qu’a souhaité étudier l’Institut Curie via la 5e édition de son Observatoire Cancer Institut Curie – Viavoice.

L’apparition des traitements innovants contre le cancer a fait exploser les coûts. C’est un problème qui dépasse largement nos frontières et dont il faut se saisir aux niveaux national et international.

" Le risque de voir s’installer des inégalités entre les patients touchés par le cancer n’a pas disparu, au contraire. Le prix des nouveaux médicaments continue d’augmenter, de sorte qu’arrivera forcément le moment où l’accès de tous les patients aux anticancéreux innovants ne sera plus possible. Il est encore temps d’éviter une situation qui posera un grave problème éthique."

C’est en ces termes, dans une tribune publiée en avril dernier publié sur Theconversation.com, que le Pr Thierry Philip, président de l’Institut Curie, prend position sur la situation délicate dans laquelle notre système de santé se trouve actuellement. Il y a plus d’un an, il prenait déjà part à l’appel de 110 cancérologues français pour alerter la ministre de la santé à ce sujet. Un enjeu de taille pour la France qui pourrait ne plus continuer, comme c’est le cas depuis 1945 avec la création de la Sécurité sociale, à donner à chaque malade le traitement dont il a besoin.

 

 

Maladie d'Alzheimer, la prévention pour combattre la fatalité

En septembre avec la Fondation pour la Rechercher Médicale, tous mobilisés pour faire progresser la rechercher sur la maladie d’Alzheimer

 

900 000 personnes souffrent de la maladie d’Alzheimer en France. Les chercheurs progressent dans la connaissance de la maladie mais il n’existe pas encore de médicaments pour la guérir. C’est pourquoi, à l’occasion de la Journée Mondiale de lutte contre la maladie d’Alzheimer, la Fondation pour la Recherche Médicale (FRM) se mobilise tout le mois de septembre 2017 pour lever des fonds et faire progresser la recherche sur la maladie d’Alzheimer et les maladies neurologiques. Thierry Lhermitte, Marina Carrère d’Encausse, Nagui, Marc Levy et Catherine Jacob, marraines et parrains de la FRM, porteront la parole de la Fondation dans les médias. Sur www.frm.org ou par SMS, le grand public pourra s’informer et soutenir les travaux les plus prometteurs et innovants dans le domaine des maladies neurologiques, en faisant un don.

Faites un don sur www.frm.org/alzheimer

 

11 vaccins obligatoires pour les enfants de moins de deux ans

A partir de 2018, les enfants de moins de deux ans devront être vaccinés contre 11 maladies

C’est un fait, on meurt encore de la rougeole en France aujourd’hui. Et pourtant il existe un vaccin. Mais la rougeole n’est pas seule en cause. A ce jour, les enfants de moins de deux ans sont vaccinés obligatoirement contre la diphtérie, le tétanos et la polio. C’est bien, mais c’est insuffisant. Alors les pouvoirs publics ont pris une décision courageuse d’imposer et d’étendre la vaccination obligatoire de 3 à 11 vaccins pour les enfants.

Courageux car, à tort ou à raison dès que l’on parle de vaccins les avis dans la population française sont parfois très tranchés et il n’est pas rare de trouver des citoyens totalement hostiles à la vaccination de leur progéniture.

Madame la ministre nous à rassurés, cela ne coûtera rien puisque l’assurance Maladie et les mutuelles couvriront 100% des dépenses. Et pour les cas particuliers le ministère travaille dessus.
Madame Buzyn sait qu’il va falloir faire preuve de pédagogie pour passer des recommandations à l’obligation mais elle nous explique avec patience son plan d’action qui verra le jour en 2018.
Ne l’oublions jamais, le vaccin nous protège mais il protège aussi les autres. Car à l’heure ou  des pays émergeants ne rêvent que de disposer tout simplement des vaccins n’ayons pas peur de protéger nos enfants dans notre pays privilégié. Et que les industriels se mettent au travail pour fournir les doses de vaccin en quantité suffisante dès 2018. 

Frantz Lecarpentier

 

 

Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé va proposer au Parlement de rendre obligatoires 8 vaccins supplémentaires jusqu’alors recommandés pour la petite enfance, en complément des 3 vaccins actuellement obligatoires.

 

Cette décision répond à une nécessité de santé publique. La France a des taux de couverture vaccinale meilleurs que les autres pays pour les vaccins obligatoires, mais ils sont en revanche très insuffisants pour la plupart des vaccins recommandés.


Cette couverture vaccinale insuffisante, à l’origine d’épidémies, a conduit à la réémergence de certaines maladies et engendré des hospitalisations et des décès évitables. Ces maladies transmissibles sont, en outre, particulièrement dangereuses pour les enfants et les personnes plus les fragiles : la vaccination n’est pas seulement un acte individuel, elle est également destinée à protéger son entourage.

Se faire vacciner permet de se protéger et de protéger les autres.


Les vaccins contre l’haemophilius influenzae B (bactérie provoquant notamment des pneumopathies et des méningites), la coqueluche, l’hépatite B, la rougeole, les oreillons, la rubéole, le méningocoque C (bactérie provoquant des méningites), le pneumocoque (bactérie provoquant notamment des pneumopathies et des méningites) seront désormais obligatoires. Les vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite le resteront.

La vaccination a permis de sauver des millions de vies, en enrayant la transmission de certaines maladies infectieuses et en participant à leur éradication. Les chiffres en attestent.


Avant la généralisation de la vaccination, durant la seconde moitié du XXème siècle, on déplorait annuellement 3 000 décès par diphtérie et 200 décès d'enfants par poliomyélite en France. Le tétanos entraînait environ 1 000 décès par an, on en compte aujourd’hui moins de 5 chaque année.


Depuis l’introduction de la vaccination, les infections invasives à haemophilus influenzae de type B ont baissé de plus de 95% alors que l’on observait près de 600 cas par an auparavant.


Grâce à la vaccination contre les infections invasives à pneumocoque chez l’enfant depuis 2003, le nombre de ces infections, source d’hospitalisation et de complications, a été réduit de moitié. Grâce à l’immunité de groupe, on observe également une diminution de 40% de ces infections sévères chez l’adulte et les personnes âgées.
Mais la couverture vaccinale n’est pas suffisante pour protéger la population de façon satisfaisante.


Les infections invasives à méningocoque C peuvent provoquer de graves séquelles (notamment un retard mental) et sont parfois mortelles. Entre 2011 et 2015, 255 cas ont été déclarés chez des sujets âgés de 1 à 24 ans. Parmi eux, 25 sont décédés. Ces cas et ces décès auraient pu être évités par la vaccination.

Les couvertures vaccinales contre l’hépatite B sont insuffisantes en France : 40% chez l’adolescent, 60% chez l’adulte. On estime que plus de 2 000 cas d’hépatite B sont survenus en France entre 2006 et 2013 chez des sujets non vaccinés. Outre les atteintes aigües parfois mortelles (14 hépatites fulminantes en 2016-2013 parmi les 408 survenues chez des sujets non vaccinés), ces infections peuvent exposer à des formes chroniques sévères (cirrhose, cancer du foie).


En ce qui concerne la rougeole, la couverture vaccinale à 2 ans est de 78% alors que, tant qu’elle n’atteindra pas le niveau de 95 %, le risque de vagues épidémiques périodiques persistera. Entre 2008 et 2016, plus de 24 000 cas de rougeole ont été déclarés en France. Près de 1 500 cas ont présenté une pneumopathie grave, 34 une complication neurologique et 10 sont décédés.


L’extension de l’obligation vaccinale permettra de répondre à ces enjeux majeurs de santé publique.

En pratique, l’extension à 11 vaccins obligatoires représente 10 injections pour les enfants, étalées sur 2 ans. Au moins 70 % des enfants connaissent déjà ces 10 injections sur 2 ans et 80 % plus de 8 injections.


Tous les vaccins obligatoires seront pris en charge à 100 % : 65 % de leur prix est remboursé par l’Assurance maladie, 35 % par les assurances complémentaires qui offrent un « contrat responsable ». Les patients n’auront pas de coût à leur charge. Par ailleurs, il existe différents circuits adaptés, notamment les centres de vaccination, qui proposent des prises en charge totalement gratuites. Un rendez-vous annuel sera instauré pour faire l’état des lieux de la vaccination en France : progression de la couverture vaccinale, épidémiologie des maladies concernées, pharmacovogilance, nécessité de faire évoluer la liste des vaccins obligatoires…

 

 

Source Ministère des Solidarité et de la Santé
Photo Phovoir/Atelier Frantz Lecarpentier

 

Alcool : les chiffres 2017 de l'OFDT

L’OFDT PUBLIE L’ÉDITION 2017 DE DROGUES, CHIFFRES CLÉS

À l’occasion de la journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues le lundi 26 juin 2017, l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) publie la septième édition du document de synthèse Drogues, chiffres clés.
Extrait du rapport sur la consommation d'alcool

 

 

 

Ventes d’alcool (2015)

11,9 litres d’alcool pur par habitant âgé de 15 ans ou plus

 

Cette quantité équivaut à une moyenne d’environ deux verres et demi d’alcool par jour et par habitant âgé de 15 ans ou plus. Les quantités d’alcool vendues sur le territoire français ont beaucoup diminué depuis le début  des  années  1960,  principalement  en  raison  du  recul  de  la  consommation  de  vin.Cette baisse se poursuit entre 2010 et 2015, bien qu’à un rythme plus lent. La France reste un des pays parmi les plus consommateurs d’alcool au monde. Elle se classait en 2014 en 7e position relativement aux pays membres de l’Union européenne.

 

Consommations (2015, 2014)

10 % de consommateurs quotidiens parmi les 18-75 ans
12 % de consommateurs réguliers parmi les jeunes de 17 ans

En  2014,  l’usage  quotidien  de  boissons  alcoolisées  concernait  10  %  des  adultes  de  18  à  75 ans (15 % des hommes et 5 % des femmes) [1]. Près de un adolescent de 17 ans sur huit (12 %) déclarait une consommation régulière d’alcool (18 % des garçons vs 7 % des filles). En 2015, comparativement aux autres Européens, les jeunes Français âgés de 16 ans se situaient au 15e rang sur 35 pour l’usage d’alcool dans le mois et légèrement au-dessus de la moyenne des pays participants : 53 % contre 47 %.


Alcoolisations ponctuelles importantes (API) (2015, 2014)

API dans le mois pour 17 % des 18-75 ans

En 2014, parmi les 18-75 ans, 17 % ont déclaré avoir bu au moins 6 verres en une seule occasion au cours du mois écoulé. Cette proportion est stable par rapport à 2010 [1].En  2014,  49  %  des  jeunes  de  17  ans  ont  déclaré  une  API  au  cours  du  mois  écoulé.

Après  une  hausse  entre  2005  et  2011,  ce  niveau  apparaît  en  baisse  (53  %  en  2011).  Le pourcentage de jeunes de 17 ans déclarant des API répétées (au moins 3 au cours du mois) diminue également (de 23 % à 22 %)[2]. En 2015, au niveau européen, les jeunes Français de 16 ans se situaient au 23e rang (sur 35 pays) pour l’API au cours du mois écoulé.

 

Consommations à risque (2014)

Consommations à risque pour 8 % des 18-75 ans, soit 3,4 millions de personnes

En  2014,  8  %  des  18-75  ans  (3,4  millions  de  personnes)  sont  considérés  comme  des  consommateurs  à  risque  au  sens  du  test  de  l’Audit-C  (dépendants  ou  non).  Cette consommation à risque a diminué en 4 ans (9 % en 2010) et concerne encore nettement plus les hommes que les femmes (11 % vs 4 %).


Soins (2016, 2014, 2013, 2012, 2011, 2009)

Consommations à risque pour 8 % des 18-75 ans, soit 3,4 millions de personnes

Ces  135  000  personnes  ayant  un  problème  avec  l’alcool  viennent  consulter  en  ambulatoire  dans  les  centres  de  soins, d’accompagnement  et  de  prévention  en  addictologie  (CSAPA), mais d’autres sont également vues dans les hôpitaux ou en médecine de ville. Les statistiques hospitalières  hors  psychiatrie  ont  enregistré  plus  de  136  000  séjours  avec  un  diagnostic principal de troubles mentaux et du comportement liés à l’alcool en 2016. Les deux tiers sont liés à des intoxications aiguës (ivresses) et sont de très courte durée (en moyenne une journée). On compte également près de 58 000 séjours pour sevrage de l’alcool. Un peu plus de 500 000 personnes auraient été hospitalisées en 2011 dans les services de médecine, chirurgie et obstétrique, dans un hôpital psychiatrique ou en soins de suite et de réadaptation avec un diagnostic lié à la consommation d’alcool (hors cancers et maladies cardio-vasculaires attribuables à l’alcool).


En revanche, ces données ne permettent pas d’enregistrer les personnes suivies en ambulatoire à l’hôpital pour un problème d’alcool. Les médecins de ville voient, quant à eux, environ 50 000 patients chaque semaine pour un sevrage (données 2009).
Les  volumes  prescrits  de  baclofène  dans  une  indication  de  traitement  de  la  dépendance  à  l’alcool auraient été multipliés par 10 entre 2010 et 2014, avant de reculer d’environ 30 %. On ignore dans quelle proportion ce recul peut être attribué à une baisse du nombre de personnes recevant ce traitement et/ou à une diminution des doses prescrites [10].


Mortalité (2009)


49 000 décès par an  attribuables à l’alcool

Le  nombre  de  décès  a  été  actualisé  en  utilisant  les  données  disponibles  en  2009  sur  la mortalité et sur l’augmentation des risques d’être atteint par certaines pathologies (cancers, cirrhoses) suivant les quantités d’alcool consommées.
Le nombre de décès à la suite d’un accident de la route lié à l’alcool a été évalué à 1 400 pour  les  années  2007-2008.  

Pour  un  conducteur  avec  une  alcoolémie  non  nulle,  le risque d’être responsable d’un accident mortel de la circulation est multiplié par 8,5.

 

Condamnations et compositions pénales pour CEA (2015, 2014)

115 000 condamnations et compositions pénales pour conduite en état alcoolique (CEA)

Le  contentieux  relatif  à  l’alcool  au  volant,  en  baisse  ces  dernières  années,  représente 45  %  des  condamnations  pour  délits  routiers  et  18  %  de  l’ensemble  des  condamnations délictuelles. Au total, 115 000 condamnations et compositions pénales ont été prononcées en 2015. En 2015, un délit pour CEA sur deux (51 %) s’est traduit par une amende ; les peines d’emprisonnement prononcées ont concerné 32 % des délits et les peines de substitution, 17 %.En 2015, plus de 10 millions de contrôles de l’imprégnation alcoolique ont été effectués, contre 11 millions en 2014 (à titre préventif dans 97 % des cas), dont 3 % se sont révélés positifs.


Coût social alcool et coût social tabac (2010)

Coût social de l’alcool 120 milliards d’euros

L’évaluation   du   coût   social   mesure   le   coût   monétaire   des   conséquences   de   la   consommation  et  du  trafic  des  substances  psychoactives.  Ce  calcul  intègre  le  coût externe (valeur des vies humaines perdues, perte de qualité de vie ainsi que les pertes de  production  des  entreprises  et  des  administrations).  S’y  ajoute  le  coût  pour  les finances publiques (différence entre les dépenses de prévention, répression et soins et les recettes des taxes, ainsi que les économies en lien avec les retraites non versées). Compte tenu de la mortalité, le coût externe représente respectivement 95 % du total pour l’alcool et 85 % pour le tabac [15]. Il n’est pas possible d’additionner ces coûts, une partie importante des maladies et des décès inclus dans le calcul du coût social étant conjointement liée à la consommation d’alcool et de tabac.


Source OFDT Juin 2017

 

 

Résultats de l'enquête Ifop/Pfizer France « Le comportement des fumeurs face à l'arrêt du tabac »

Dans le cadre de la Journée mondiale sans tabac du 31 mai 2017 une enquête  Ipsos / Pfizer révèle que 7 fumeurs sur 10 ont essayé d’arrêter de fumer.

69% des fumeurs déclarent avoir essayé d’arrêter de fumer, mais seuls 11% d’entre eux ont consulté un professionnel de santé lors de leur dernière tentative1
 

Les résultats de l’enquête inédite Ifop/Pfizer France menée auprès de 1 103 fumeurs révèlent que près de 7 fumeurs sur 10 affirment avoir essayé d’arrêter de fumer1, dont 42%, plusieurs fois1. Pour y parvenir et lors de leur dernière tentative de sevrage tabagique, plus d’1 fumeur sur 2 déclare avoir tenté seul, sans accompagnement (52%)1 et seulement 11% ont été suivis par un professionnel de santé.

Parmi les raisons de l’échec de leur(s) tentative(s) d’arrêt, les fumeurs évoquent principalement le stress (37%)1 et la peur du manque (15%).

Pour réussir à arrêter de fumer définitivement, 51% des fumeurs seraient disposés à recourir à un traitement médical, dont 24% accompagnés d’un professionnel de santé1. Parmi les 49% restants1, le remboursement du traitement médical pourrait motiver 44% à arrêter de fumer et 38% à consulter un médecin pour être accompagné médicalement.

 

 

Résultats de l’enquête Ifop/Pfizer France « Le comportement des fumeurs face à l’arrêt du tabac »

 

 

Semaine nationale de prévention du diabète - 2 au 9 juin 2017

Fédération Française des Diabétiques

 

Semaine nationale de prévention du diabète

Du vendredi 2 au vendredi 9 juin 2017

 
 
Cette semaine de prévention est un temps fort qui mobilise toutes les forces : grand public, acteurs de santé et institutionnels.
 

La campagne de l’édition 2017 a pour thématique l’équilibre.

 
 

Faites le test

 

LE DIABÈTE SE CARACTÉRISE PAR UN TAUX DE SUCRE TROP ÉLEVÉ DANS LE SANG : UNE HYPERGLYCÉMIE LIÉE À UN MAUVAIS FONCTIONNEMENT DU PANCRÉAS.

 
Non dépisté ou mal contrôlé, le diabète détériore le fonctionnement des organes vitaux et entraîne de graves problèmes de santé : cécité, insuffisance rénale, maladies cardio-vasculaires ou amputation.
 
Le sucre corrode les parois des vaisseaux sanguins qui nourrissent tous les tissus en oxygène et en éléments nutritifs. Sans prise en charge, les conséquences du diabète participent à diminuer l’espérance de vie.
 

Aujourd’hui 4 millions de Français en sont atteints.

 
 

2 mai, journée Mondiale de l'asthme

 

Le 2 mai 2017, à l’occasion de la journée mondiale de l’asthme, l’association Asthme & allergies nous rappelle quelques chiffres en France et qu'il existe un peu partout sur le territoire des Ecoles de l'asthme

L’asthme en quelques chiffres ..
 

Il y a plus de 4 millions d’asthmatiques en France - (6,7% de la population et 9% des enfants).Référence

Il s’agit de la première maladie chronique de l’enfant. L’asthme provoque encore 1 000 décès par an chez les moins de 65 ans.

Le coût de cette maladie pour la société est important car elle est responsable de 600 000 journées d’hospitalisation et de 7 millions de journées d’arrêt de travail par an. 

Une cause allergique est retrouvée chez 70 à 80 % des adultes asthmatiques et chez 95 % des enfants atteints.

 

 

Mieux vivre son asthme grâce à l’éducation thérapeutique avec l’Ecole de l’Asthme

Ce n’est pas toujours facile de s’y retrouver lorsqu’on a de l’asthme. Certes, il existe des médicaments très efficaces pour contrôler la maladie, mais la personne doit néanmoins respecter un cahier des charges assez lourd :

bien connaître ses symptômes pour prévoir et éviter l’apparition d’une crise,
savoir surveiller son souffle,
aménager son environnement,
savoir utiliser correctement ses médicaments…

Tout cela ne va pas de soi, et l’asthmatique se sent parfois seul et démuni devant tous ces comportements à adopter, d’autant plus que le médecin n’a pas toujours suffisamment de temps pour aborder tous ces sujets lors de la consultation. C’est pourquoi, depuis plusieurs années, il existe des écoles de l’asthme dont l’objectif est précisément d’accueillir les personnes malades et de les aider à acquérir des compétences. Les écoles de l’asthme ne proposent pas des cours théoriques et compliqués ou des groupes de parole mais plutôt  des ateliers interactifs permettant d’acquérir des connaissances ou des savoirs immédiatement applicables dans la vie de tous les jours.

L’éducation des patients proposée dans les écoles de l’asthme est réellement considérée aujourd’hui comme faisant partie intégrante du traitement car elle a largement prouvé son efficacité. En effet, il existe de nombreuses études par le monde qui ont montré que les personnes asthmatiques ayant bénéficié de l’éducation s’en sortent beaucoup mieux : leur asthme est mieux contrôlé, elles ont moins de crises, moins de gênes respiratoires la nuit, sont moins souvent hospitalisées et ont moins d’absences à l’école ou au travail. Ces résultats ont conduit les autorités de santé françaises (HAS www.has-sante.fr , DGS www.sante.gouv.fr ) à mener une réflexion afin d’inciter les professionnels de santé à mettre en place des structures d’éducation et encourager les malades à participer à ces formations. Souhaitons que l’offre d’éducation s’élargisse afin que chaque asthmatique puisse trouver une école de l’asthme proche de son domicile. Souhaitons que cette éducation, aujourd’hui dispensée par des professionnels de santé encore trop souvent bénévoles, soit enfin officiellement reconnue comme un acte de soins et bénéficie ainsi d’une prise en charge par l’Assurance Maladie. Nous avons bon espoir car il existe des signes encourageants (notamment le plan ministériel sur la qualité de vie dans les maladies chroniques).

Retrouvez la liste des écoles de l’asthme du le site Asthme et Allergies

 

 

 

 

Sidaction 2017 : les 24, 25 et 26 mars

 

Sondage Ifop et Bilendi : les Français, l’information et la prévention du sida


« Contre toute attente, l’état des connaissances sur le VIH/sida de l’ensemble des Français est aussi alarmant, et ce quel que soit l’âge. »


Comme tous les ans pour le week-end du Sidaction, l’association publie les résultats d’un sondage réalisé par l’Ifop et Bilendi auprès des jeunes âgés entre 15 et 24 ans. L’occasion malheureusement de constater, à chaque fois, la détérioration du niveau d’information sur le VIH au sein de cette génération : le sentiment d’information a chuté de 10 points par rapport à 2014. 

Cette année, nous avons voulu vérifier si le manque de connaissances et le sentiment d’invincibilité face aux risques liés au virus ne concernaient vraiment que les plus jeunes, qui n’ont pas connu les années noires du début de l’épidémie. Un échantillon représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus a donc été inclus. Contre toute attente, l’état des connaissances sur le VIH/sida de l’ensemble des Français est aussi alarmant, et ce quel que soit l’âge.

S’agissant des méthodes de prévention, les réponses des Français, tout âge confondu, révèlent de véritables lacunes. Seule une personne sur deux sait par exemple qu’il existe désormais un autotest de dépistage du sida vendu en pharmacie. 42% des Français estiment par ailleurs être mal informés sur les lieux où aller pour se faire dépister afin de connaître son statut sérologique. 57% estiment être mal informés sur l’existence d’un traitement d’urgence si on a pris un risque. Des pourcentages identiques pour les 15-24 ans et l’ensemble de la population. 

Surtout, les idées fausses et reçues persistent ! Et les jeunes sont loin d’être les seuls à croire que l’on risque d’être contaminé par le virus du sida en s’asseyant sur des toilettes publiques ou en buvant dans le même verre qu’une personne séropositive… 16% des Français pensent par exemple que l’utilisation d’un produit de toilette intime est efficace pour empêcher la transmission du virus du sida. Un Français sur trois a des représentations partielles et/ou erronées des modes de transmission de la maladie. Plus grave encore, plus de trente ans après l’apparition de l’épidémie et malgré des décennies de promotion du préservatif, un quart reste persuadé que le risque existe même lors d’un rapport sexuel protégé.  

Cette méconnaissance généralisée se traduit de façon paradoxale. D’un côté, la peur du VIH/sida reste très présente, pour 71% des Français, et notamment chez les plus jeunes : 80 % contre 76 % en 2016. Mais cela n’empêche ni les pratiques à risque, ni la banalisation de la maladie. Près d’un Français sur deux, qu’il soit en couple ou non, estime qu’il a moins de risques que les autres d’être contaminé par le VIH. Pourtant, face au virus du sida, nous sommes tous égaux, et tous concernés.  

10 chiffres à retenir
→ 42% des Français estiment être mal informés sur les lieux où aller pour se faire dépister afin de connaître son statut sérologique (même % pour les 15-24 ans).
 
→ 71% des Français déclarent que le sida leur fait peur (80% des 15-24 ans).

→ 44% des Français pensent que le VIH et le sida renvoient à la même chose (35% des 15-24 ans).

→ 15% des Français pensent que l’utilisation d’un produit de toilette intime est efficace pour empêcher la transmission du VIH/sida (12% des 15-24 ans).

→ 16% des Français pensent que le virus du sida peut être transmis en s’asseyant sur un siège de toilettes publiques (18% des 15-24 ans).

→ 22% des Français pensent qu’il existe des médicaments pour guérir du sida (23% des 15-24 ans).

 → 22% des Français pensent que le virus du sida peut être transmis en ayant des rapports protégés avec une personne séropositive (27% des 15-24 ans).

→ 15% des Français pensent que le virus du sida peut être transmis en embrassant une personne séropositive (21% des 15-24 ans).

→ 15% des Français pensent que le virus du sida peut être transmis en entrant en contact avec la transpiration d’une personne séropositive (21% des 15-24 ans).

→ 44% des Français estiment qu’ils ont moins de risques que les autres d’être contaminé par le virus du sida, qu’ils soient en couple ou non (28% des 15-24 ans).  

 

Pour faire un don à Sidaction : 
• Par téléphone : en appelant le 110 (numéro d’appel gratuit) 
• Par Internet : www.sidaction.org (paiement sécurisé)
• Par sms au 92110 : en envoyant le mot DON pour faire un petit don de 5 euros (coût d’envoi du sms gratuit ou inclus dans les forfaits sms)
• Par courrier : Sidaction - 228, rue du Faubourg Saint-Martin 75010 PARIS 

 

 

Une jonquille pour Curie, l'espoir contre le cancer

 

 

 

 

Les pharmacies en danger

Lettre ouverte au Président de la République de Philippe GAERTNER Président de la Fédération des syndicats de pharmaciens d’officine

 
Le 30 septembre 2014, il y a un an, jour pour jour, inquiets pour l’avenir de la santé des patients, les pharmaciens d’officine interpellaient l’opinion publique lors d’une grande manifestation nationale. Les trois principes fondamentaux de leur exercice étaient en effet mis en cause par le projet de loi « pour la croissance et l’activité » :
• Sécurité du médicament dispensé exclusivement en officine, garantie pour les patients d’un accompagnement personnalisé et d’une traçabilité fiable ;
• Egalité d’accès au médicament en tout point du territoire, grâce à un maillage territorial inscrit dans le code de la santé publique ;
• Indépendance des pharmaciens à l’égard des acteurs financiers, garantie par la propriété des officines détenue par des professionnels titulaires d’un diplôme reconnu par l’Etat.
 
Des millions de Français, par leur signature, ont apporté leur soutien à cette mobilisation et exprimé leur choix en faveur d’un modèle de dispensation du médicament de proximité. Nous les en remercions.
 
Sensible aux craintes de nos concitoyens, votre Gouvernement s’est alors engagé en faveur d’une réforme de la Pharmacie d’officine, dans le respect de ses principes fondateurs : modernisation du réseau des officines, ouverture de la profession aux jeunes diplômés, réforme de la rémunération des pharmaciens.
 
Hélas, un an plus tard, au-delà des ambitions, les moyens ne sont pas au rendez-vous.
C’est toujours le médicament qui, cette année encore, constitue la principale variable d’ajustement des budgets de l’assurance maladie. De plans d’économies en plans d’économies, les moyens sont arrachés à la Pharmacie d’officine.
 
Les pharmaciens ont toujours fait preuve de leur capacité à se moderniser. Ils ont été les premiers, en ville, à déployer le tiers-payant, et à mettre en œuvre le dossier pharmaceutique. Ils sauront répondre aux nouvelles opportunités qu’ouvrent la télémédecine et la santé connectée, pour toujours mieux accompagner les patients et répondre à leurs besoins nouveaux. Encore faut-il leur en donner les moyens.
Par ailleurs, l’absence de coordination des soins de ville et la timidité des réformes des soins de premier recours dans le projet de loi de santé font redouter une disparition des praticiens libéraux des territoires. Là où les déserts médicaux s’installent, les pharmacies n’arrivent plus à vivre.
 
Le temps presse. Une pharmacie disparaît tous les deux jours, soit une perte de 1000 emplois par an.
 
Pour remédier à cette situation, Monsieur le Président de la République, nous vous demandons :
•d’allouer, dans la prochaine loi de financement de la sécurité sociale, les ressources nécessaires au fonctionnement de l’officine française afin qu’elle puisse poursuivre sa démarche de modernisation ;
• de mettre en œuvre un plan d’urgence en direction des pharmacies d’officine les plus fragilisées ;
• de revoir le projet de loi de santé, qui a oublié la Pharmacie, pour que l’exercice des professions de santé libérales redevienne attractif afin d’encourager la vocation de nos jeunes diplômés à réinvestir les territoires.
Monsieur le Président de la République, à travers l’avenir des pharmacies de France, c’est l’avenir de la santé de nos compatriotes qui se joue. Nous comptons sur vous pour donner un signal fort en direction des pharmacies d’officine.
 
 
3 octobre 2016
Photo Atelier Presse Media
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